Marche funèbre

Clan1.jpg
On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Personnellement, je préfére rire d'Auschwitz avec un juif que de jouer au scrabble avec Klaus Barbie.
(Pierre Desproges)
Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 00:01
Félicitations à tous les participants à la clôture du jour.
___J'ai un locataire, ou plutôt un squatteur, en l'occurrence. Petit, velu, portant un masque autour des yeux, internet m'apprend qu'il s'agit d'un lerot, de la famille des loirs, un rongeur ne grignotant pas les câbles electriques, ni les meubles, n'attaquant pas l'homme en lui transmettant des maladies sales qui mettent l'écume aux lévres, et qui hibernera fin septembre, dernier délai, pour, à son réveil, se chercher un autre logis. Les lerot doivent étre un peu canadiens dans l'âme, puisque la-bas, le déménagement de printemps est un sport national.
___Fort bien, me dis-je, vivre et laisser vivre, fichons lui une paix royale jusqu'à fin septembre, et donnons lui des pommes.
___En plus d'étre un glouton incroyable, je suis tombé sur le seul lérot insomniaque au monde. Nous seront bientôt au mois de novembre, et ce petit con vadrouille dans tout l'appartement en faisant un raffut de tous les diables.
___Monsieur souhaite une alimentation plus variée, sans doute ?
___Il a déja descendu la moitié de mon stock de pommes, l'intégralité de mes poires, sauf une, qui m'a fait regretter de les lui avoir données, et une part de pizza quatre fromages que j'avais laissée sur la table (moitié par flemme, moitié par curiosité).
___Ce matin, on s'est retrouvés plus prés que nous ne l'avons jamais été.
___J'étais assis à la table ou est disposé mon ordinateur, en train de réinstaller open office (et la ré installation de Open Office à sept heures du matin est une expérience éprouvante), mon verre de Nespresso long posé devant moi (parce que j'ai peut ètre pas un rond, mais vous ne me ferez jamais boire du café de prolo), quand un bruit, doux euphémisme pour désigner un vacarme épouvantable (à titre info, la bestiole doit mesurer vingt centimétres de long, queue comprise, et peser dans les quarante grammes) me fit me retourner.
___Le lérot était en train d'essayer d'ouvrir le sac de poires que j'avais acquis la veille pour une somme modique.
___Percevant le mouvement, il se figea et se tourna vers moi. Nous étions seuls, face à face, deux métres à peine nous séparant. Silencieusement, nous nous affrontâmes du regard, chacun jaugeant l'autre à l'aune de ses à priori, "Voila celui qui ne me propose jamais d'After eight", songeant l'un dans son esprit de rongeur, "Voila celui qui m'a piqué mon reste de quatre fromages", pensant l'autre dans son esprit embrumé.
___Enfin, le lérot, si petit, mignon, et inoffensif face à moi, je fis, autant par signe de paix que d'apaisement, un coucou de la main. En lérot, faire un petit coucou de la main doit signifier : "Je vais t'arracher la téte avec les dents, te bouffer le foie et la rate, brûler vive ta femme et violer tes gosses, jusqu'a ce que t'en aie marre, et aprés je recommencerai, et nos familles se feront une guerre sanglante et sans merci sur 77 générations, fils de chien infidéle bouffeur de poires", si j'en juge sa réaction.
___Alors qu'en fait, je voulais juste dire bonjour.
Publié dans : Idées noires - Communauté : Vos articles nous intéresse !
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Sommations d'usage



AVERTISSEMENT :

Ce blog est un blog d'humour noir.
Il n'est ni gentil, ni politiquement correct.
Vous ne trouverez ici aucune référence à des concepts comme : bonheur, optimisme, bisounours, tendresse ou poésie.
Si vous n'étes pas contents, persévérez, vous ètes déjà sur la bonne voie.


MENU :

Idées noires :
C'est la rubrique ou je me livre à mon activité favorite : broyer du noir, me morfondre, et partager allégrement avec d'innocents lecteurs (oui, toi) ce sentiment mitigé fait de spleen, de vacuité et de cynisme qui m'habite.
Pour simplifier, je dis du mal de tout le monde et j'aime ça.

Pompes Funèbres :

Ici, je vous narre quelques histoires issues de cette confrérie des croque-morts à laquelle je m'honore d'appartenir.
Qu'elles soient arrivées à un collègue ou à moi importe peu, de méme que leur localisation géographique ou temporelle, puisqu'il faut en dissimuler l'identité des protagonistes, secret professionnel et respect dû aux défunts oblige.
Elles partagent néanmoins une caractéristique primordiale : elles sont strictement authentiques.

Présentation

Profil

  • : requiem29
  • Croque-morts magazine
  • : Homme
  • : Paris Lyon Marseille Nancy Brest
  • : humour noir
  • : J'ai gardé un coeur d'enfant. Sur mon bureau, dans un bocal de formol. Et je n'y suis pour rien dans l'assassinat de JFK

Juke box

Recommander

Rubriques

Syndication

  • Flux RSS des articles

Rechercher

 
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés