Félicitations à tous les participants à la clôture du jour.
___Or donc, à chaque fois que je quitte mon travail, je dois m'insérer dans la circulation. C'est une épreuve, n'en doutez point. Il vaut mieux que je vous situe quelque peu les faits : je gare mon véhicule automobile dans le garage du haut, là ou se trouvent stationnés les véhicules de transports de corps, ou entrent les corbillards qui accèdent au funérarium, garage, donc, dont l'accès et la sortie se font par une étroite ruelle.
___Le soir, donc, je me présente à la sortie de ladite ruelle, clignotant à gauche, pour indiquer la direction que je compte emprunter. Ce qui implique que je doive traverser la rue perpendiculaire, laquelle est barrée d'un feu, une trentaine de mètres plus haut. Sur la voie descendante, il n'y a personne, par conséquens, aucun souci de ce côté la.
___Ergo, rentrer chez moi le soir implique de traverser la route, sur laquelle de nombreux véhicules s'arrêtent lorsque le feu de signalisation est rouge. Il suffit pour cela qu'une voiture stoppe deux mètres avant la voiture précédente, afin de me laisser le passage.
___Ce qui n'arrive jamais.
___Les mecs doivent penser que le temps qu'il leur faudra pour récupérer ces deux mètres sera déduit directement de leur espérance de vie. Ou que je suis un gros roublard vicieux qui tente de les feinter, mettant mon clignotant à gauche pour en fait m'incruster sur la file qui remonte à droite, leur piquant une place.
___Il est à noter que la voie est plus large à cet endroit. Aussi, lorsqu'un conducteur aimable stoppe sa voiture et m'invite à passer, d'un geste aimable, au bout d'un temps d'attente qui aurait suffit à Napoléon pour envahir l'Europe et la Russie, neuf fois sur dix, je vois piler à quelques centimètres de ma portière le capot d'une autre voiture, dont le chauffeur, plus pressé que les autres, a repéré ces deux mètres d'espaces libres devant le véhicule qui le précède, et le double pour s'y engouffrer.
___A cheval sur les deux lignes, en totale infraction avec une bonne dizaine d'articles du code de la route, il est quasi systématique que ce chauffard me klaxonne, voire m'adresse des gestes que l'on qualifiera d'inciviques, pour les maniaques de l'euphémisme.
___A tous ceux qui ne s'arrêtent pas deux mètres avant, et attendent trois minutes à me barrer la route, le temps que le feu passe au vert, en m'ignorant ostensiblement, ou en m'observant comme une nouvelle espèce de cafard, et à tous ceux qui, pour gagner quelques précieux centièmes de secondes, n'hésiteraient pas à emboutir ma Renault, ou un gamin qui traverserait la rue, méprisant de la courtoisie du type devant eux, je souhaitai adresser un message.
___Ce message, le voici :
"Vous êtes une sacrée bande d'enculés de bâtards de fils de pute de merde, putain, faites chier, bande de cons !"
___Ça va (un peu) mieux. Une autre fois, je vous parlerai de l'autoroute. Il paraît qu'à Los Angeles, les gens ont des fusils à pompe dans leurs bagnoles. Ici, ils n'en ont pas besoin : ils ont des bagnoles.

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