"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.

Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."

article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen

062-hans-holbein-1523-death-letter-f-q87-2561x2515profilok-copie-1élicitations à tous les participants à la clôture du jour.

Ce matin, je lisais le journal en prenant mon petit déj, comme tous les matins, et je dus faire une chose à laquelle je ne m'attendais pas. Je lisais une chronique humoristique, et le journaliste répétait sans cesse le leitmotiv « On est en 2012, l'année 2012, vous savez qu'on est en 2012 ? » et ainsi de suite. Encore embrumé des restes d'une nuit par ailleurs courte, je fus surpris de ressentir l'impérieuse nécessite de me lever afin de vérifier par moi-même, sur le calendrier du facteur, celui avec des petits chiots adorables dans un panier d'osier.

On n'est pas en 2012, mais on s'y croirait.

Et je sent que cette campagne va me gonfler assez rapidement. Pas vous ?

Ou est il le temps des présidents classieux, des petites phrases assassines, proférées avec un demi sourire d'un homme intelligent et cultivé à un autre ? Ou sont ils, les Giscard, Chirac, Mitterrand, qui avaient la stature d'un chef d 'état, et se comportaient comme tels ? Ou est elle, la presse de grands journalistes, les polémistes littéraires, les humoristes provocateurs et néanmoins subtils ?

Aujourd'hui, affalé dans un fauteuil de luxe, le président en place lâche quelques paroles méprisantes sur les candidatures déclarées, l'opposition sonne l'hallali dès qu'un ministre ouvre la bouche, en essayant de faire oublier que le programme qu'ils mettent en face est la resucée de celui qu'ils ont déjà appliqué par le passé et dont les effets catastrophiques se ressentent encore, et une flopée de petits candidats trouvent à leur heureuse surprise une existence médiatique qui va bien au delà de leur importance réelle dans le paysage politique.

Cette campagne présidentielle sera celle de l'insulte de bas étage, du triomphe du politiquement correct et de la mort du journalisme objectif.

Prenons un exemple. Cette semaine, nous avons appris que le parrain de Marine Le Pen était un proxénète. Du moins, il vient d’être mis en examen pour proxénétisme, mais la présomption d'innocence ne semble pas, dans ce cas précis, s'appliquer : si l'un ou l'une d'entre vous trouve la mention ''présumé'' suivant le mot ''proxénète'' dans un des innombrables articles sur l'affaire, qu'il me le fasse savoir.

Il est à noter que ce monsieur est particulièrement fort. Le matin ou est tombé la nouvelle, il était soupçonné de diriger un bar à putes. L'après midi, le chiffre monte, dans la presse : entre trois et cinq bars à putes. Enfin, dans Le Monde d'hier, du moins les flash sur internet, il devient, selon le journal ''le plus grand proxénète de Françe''. Le tout, au nez et à la barbe de la police qui le retient en garde-à-vue, et de la presse qui suit l'affaire de très près.

Notons simplement que ce qui a le plus surpris Marine Le Pen dans cette affaire, ce fut d'apprendre que son parrain était en vie. Elle n'avait plus de nouvelles de lui depuis une trentaine d'années. Pour le reste, un certain côté blasé, hein...

Dans le même temps, exactement dans le même tempo, et seule la presse ''d'extrême droite'' s'en est fait l'écho, toujours à ma connaissance, la mère de Sophia Aram était interpellée.

Mais si, rappelez vous, Sophia Aram. Humoriste autoproclamée, chroniqueuse sur France Inter, elle s'était permis de traiter les électeurs du Front National de ''Gros cons'' sans que personne ne s'en émeuve. Le CSA a juste envoyé une lettre au directeur de la radio, pour dire que c'était ''pas bien''. La demoiselle avait persisté lorsque Guy Carlier, qu'on ne pourra pas soupçonner de sympathie frontiste lui avait, lors de sa chronique, adressé une admonestation bien sentie, puisqu'elle n'avait pas hésité à rétorquer qu'avant, elle trouvait Monsieur Carlier Drôle, mais maintenant, plus.

Et donc, sa mère, pas un obscur parrain qu'elle croyait mort depuis trente ans, hein, sa mère, celle qui lui fait le couscous du vendredi, donc, a donc été interpellée. Pourquoi ? Simple. Kadidja Aram, adjointe, ou plutôt ex-adjointe au maire de Trappes, est soupçonnée d'avoir fait croire à huit clandestins qu'elle pouvait leur obtenir des titres de séjour contre de l'argent. Elle leur a extorqué 31800 euros, puis, les titres ne venant toujours pas, elle a, pardon, aurait, tenté de les rembourser à l'aide du chéquier d'une association dont elle est la présidente.

''Double détente'', la surnomment peut être juges et enquêteurs.

Chers amis électeurs du Front National, n'oubliez jamais que, contrairement à ce qu'on voudrait vous faire croire, votre choix politique est aussi libre et estimable que tout autre, et, la prochaine fois qu'on vous insultera, regardez de qui ça vient...

Mais, fort heureusement, il n'y a pas que ça dans l'actualité.

Non, l'évènement de la semaine, c'est... Quoi, le chute de Laurent Gbagbo. Oui, aussi, bon, si vous y tenez. Donc, Laurent Gbagbo, qui était surnommé ''le boulanger'', parce qu'il roulait tout le monde dans la farine, a été arrêté par les soldats d'Alassane Ouattara. Avec l'aide des Français, mais en fait non, enfin, tout cela est assez flou. Nous voilà soulagés : le pays est enfin entre les mains de son président légitime, et non plus aux mains d'une horde de barbares pro-Gbagbo. Il suffit de voir ce milicien d'Ouattara beugler à un cadavre en pleine rue ''On t'a baisé, fils de pute, on t'as baisé'', pour éprouver le vif soulagement de l'humaniste désormais convaincu que la situation est entre de bonnes mains.

Non, l'évènement de la semaine a été l'annonce officielle de la candidature de Nicolas Hulot à l’élection présidentielle de 2012. Annonce ratée : après avoir lu un discours au micro, lors de sa conférence de presse, il a fait demi-tour et s'est enfui par une porte dérobée, esquivant les questions des journalistes, et ne daignant pas serrer quelques mains aux supporters qui étaient venus le soutenir.

Sans vouloir jouer au vieux con, dans le temps, il y avait Coluche qui se portait candidat à la présidentielle. Nu, une plume bleu-blanc-rouge enfoncée en son séant, il annonçait la couleur. Saus qu'à l'époque, tout cela n'était qu'une plaisanterie (qui alla beaucoup plus loin que ce que Coluche en personne n'imaginait) qui fit trembler et le pouvoir en place et l'opposition.

Aujourd'hui, Hulot candidat, ce n'est pas une plaisanterie, mais le pouvoir en place et l'opposition ne tremblent plus. Ils ironisent, se moquent, voire se permettent quelques conseils avisés. « Profitez en tant que la gloire dure, Monsieur Hulot ». C'est le locataire de l’Élysée qui s'exprime ainsi. Pour une fois qu'il arrive à faire une phrase sans « pov'con » dedans, savourons la, mes amis.

Tiens, il faudrait que je vous parle de Claude Guéant. Il a promis de réduire l'immigration légale en passant le nombre de titres de séjours de 200 000 annuels à 180 000 annuels, soit 20 000 de moins. Sachant que, rien que ce mois-ci, l'Italie en a distribué 50 000 aux clandestins de Lampedusa, qui, miracle de l'espace Schengen oblige, se sont ensuite rués en France en toute légalité (et dans le silence, encore une fois, assourdissant des médias), on a peine à croire que sa mesurette servira à quelque chose d'autre qu'à faire vendre du papier aux Inrockuptibles, qui est passé, en quelques années, du statut de magazine musical de référence pour les branchés du rock/pop à celui de vulgaire torchon gauchiste (à ce propos, voir la différence entre ''être de gauche'' et ''être gauchiste'' dans mon jour en manche dernier) proposant une carte postale à envoyer à l'Elysée, pour faire virer le ministre de l'intérieur.

Le pauvre fait l'unanimité contre lui : les anti-France bien pensants veulent sa peau pour ses propos sur l'immigration, et les nationalistes-patriotes, eux, veulent sa peau parce que ses ''mesures'' s'apparentent à un foutage de gueule éhonté.

Ah, qu'il est loin le temps jadis, ou les stars médiatiques, des Inrock à Nicolas Hulot, ne se seraient pas permis de se croire compétents sous prétexte qu'ils étaient populaires.

Le seul vestige de cette époque, finalement, c'est Michel Drucker. Plus opportuniste, tu meurs.

Enfin, tout cela est à se dégoûter de la politique, et, parti comme c'est, je vous parelari désormai d'autre cose, pour les prochains jours en manche.

Sur ce, il me reste à vous souhaiter le moins mauvais jour en manche possible.

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