"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen

élicitations à tous les participants à la clôture du jour.
Il était au pied de mon lit lorsque je me suis réveillé, immobile et sinistrement vêtu.
« Hé ! Qui es tu et que fais tu sur ma propriété ! » l'interpelais-je en citant sans vraiment m'en rendre compte une réplique digne de Walker Texas Ranger.
« Je suis Jack l'Eventreur » me répondit Jack l'Eventreur.
« Sans déconner ? »
« Sans, comme tu dis, déconner »
Je savais que j'aurais dû penser à un truc, mais je ne parvenais pas à mettre la main dessus.
Ah, ça y est : « je suis étonné » dis-je.
« pourquoi ? » demanda-t-il
« Eh bien, qu'un sérial killer dont on n'a plus de nouvelles depuis l'an 1888 de trouve en 2011 au pied de mon lit... »
« … Et qu'il t'aie apporté une tasse de Nespresso... »
« … Exact, et celui que je bois le matin, en fait, c’est parfait, donc, que tu te trouves au pied de mon lit, avec une tasse de Nespresso... »
« … Deux, en fait, je me suis servi aussi... »
« tu as bien fait. Donc, que le sérial killer le plus célèbre au monde se trouve au pied de mon lit, avec deux tasses de Nespresso, a un côté quelque peu étonnant, non ? Ou as tu appris à te servir d'une machine, d'abord ? »
« Il faut vivre avec son temps. » fut sa réponse laconique.
« Bon, blague à part, qui es-tu ? »
« Je te l'ai dit. »
« Ben voyons, et que fais-tu chez moi ? »
« Tu te demandais qui j'étais. Il se trouve que j'aime bien ton blog, parce que c'est le meilleur blog sur les pompes funèbres au monde, en toute objectivité, et que je me suis dit que ce serait sympathique, en retour, de te révéler mon identité. Ca ne te fait pas plaisir ? »
« Ce serait le cas, bien entendu, si tout cela était vrai, mais bon, tu me pardonneras si un léger scepticisme empreint notre conversation... »
« Je comprends, à ta place aussi, j'aurais des doutes. » me répondit Jack l'Eventreur. « Tu veux une preuve, peut ètre ? »
« Une preuve ? Comment veux-tu me produire une preuve dont l’impossibilité apparaîtra au plus distrait de mes lecteurs ? » rétorquais-je.
Il produisit la preuve, sans effets théâtraux ni mise en scène ostentatoire, avec des gestes simples mais précis.
Je restai un instant silencieux, stupéfait.
« C'est... C'est toi ? Alors c'est vrai, c'est toi ? » je regardai son visage, ému. « Je n'aurai jamais pensé à toi. Ca alors ! » ma voix chevrotait. « Même Sickert me semblait plus probable, c'est dire. »
« Tu aurais pensé à qui ? » Demanda-t-il.
Je citai sans même réfléchir plusieurs noms.
« Sérieusement ? » demanda-t-il. « perdu, alors ».
« Manifestement. »
« Mais, mais, que viens tu donc faire ici ? »
« Tu es bouché ? Je te l'ai dit : tiens, et si je dévoilais mon identité à requiem29 ? Et me voilà »
« Mais tu devrais ètre mort depuis des années ? »
Il m'expliqua. Je compris.
« Et... Les prostituées ? Pourquoi les tuer ? Combien tu en as tué, exactement, alors ? »
Il me répondit. Quand, pourquoi, des réponses claires et précises. Celle qui avaient péri de sa main, celles qui lui étaient attribuées à tort, et finalement, tout fut clair. Limpide, même.
J'étais franchement excité : « Mais, mais, t'imagines même pas le scoop sur mon blog. Jack l'Eventreur, enfin la vérité. Patricia Cornwell a dépensé un million de dollars et écrit 600 pages pour se tromper complètement de gars, et moi, moi, pour pas un rond, en un article, je révèle le plus grand secret criminel de tous les temps ! »
« C'est sûr. » dit il, l'air amusé. « Donc, si je comprend bien, tu vas expliquer à tes lecteurs que Jack l'Eventreur est apparu dans ta chambre, 123 ans après ses meurtres, t'as préparé un café et que vous avez devisé paisiblement sans que tu n'y trouves rien d'anormal ? »
« Oui, je... » ...réfléchis... « je vais peut être reformuler deux-trois choses, omettre les détails, mais... La vérité, je connais la vérité ! »
« C'est ce qu'ont dit d'autres. 1827 fois avant toi. Vas-y, si ça t'amuses. Mais tu as intérêt à trouver quelque chose de vraiment bon, parce que... » il s'interrompit, regarda sa montre, poursuivi « parce que le meilleur moyen de maintenir l'ignorance, ce n'est pas de proférer un mensonge, c'est de multiplier les vérités. » Il sourit, et me serra chaleureusement la main. « Je dois te laisser, j'ai rendez-vous avec le tueur du Zodiac pour faire un poker. Kenavo, comme on dit chez toi. » puis il ne fut plus la.
Je me suis réveillé, levé, puis, assis un instant au bord de mon lit, je pris le temps d'émerger du brouillard matinal. Ce n'est qu'au moment ou j'allai descendre lire le journal que je remarquai, incongrues sur la table de chevet, deux tasses de café vides.