"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.

Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."

article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen

 

F Fumée Noire 2Logoélicitations à tous les participants à la clôture du jour.

Chers, chères ami(e)s, aujourd’hui, je vais vous raconter une fable. J'insiste. Mesdames et messieurs les avocats, vous noterez que j'ai bien précisé qu'il s'agissait d'une fable. Une histoire sortie de mon imagination, et nullement en rapport avec des faits réels. D'ailleurs :

Toute ressemblance avec des personnes ou des faits existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

Pardon, mais un procès n'est pas dans mes moyens.

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 1


Il était une fois, dans un petit royaume appelé France, une grande ville, appelée l'Ile, et surnommée la capitale des Flans d'Reux. Cette ville était dirigée par une bourgmestre connue pour son caractère fort et affirmé, qui la faisait surnommer Mère Emptoire par ses acolytes.

C'est dans cette belle et bonne ville que vint vivre un homme. Il était venu d'un pays très au sud, ou le soleil brillait beaucoup, mais ou il ne se sentait pas assez libre.

 

Chapitre 2


182904_177886398923327_100001059032402_425701_4835918_n.jpgL'homme et son épouse avaient été élevés dans le respect de la religion de leurs ancêtres, qui se prosternaient devant un meurtrier sanguinaire. Mais l'homme était intelligent, curieux, et plus que tout, il détestait qu'on lui dise quoi penser.

Un jour, le destin mit sur sa route un adage, qui disait « A Rome, vit comme les Romains ». Sa décision fut prise : c'était une ligne de conduite qui lui semblait juste et raisonnable, et il la suivrait. Au désespoir de sa femme, qui était connue pour sa grande piété, il vécu à la façon du pays qui lui avait prodigué si bon accueil, et éleva ainsi ses enfants. Son épouse alla se plaindre à li'Mam Amar, qui s'en fut incontinent trouver l'homme. Après l'avoir accusé de faire le malheur de sa digne épouse, et de vouer sa descendance aux lames de l'enfer, il lui promit qu'il ne le laisserai pas faire. C'était de l'apostasie, et c'était puni de mort selon leur loi.

Un jour, l'homme n'y tint plus, et fit ce qu'il devait faire.

Son épouse retourna voir l'iMam, pour lui annoncer, désespérée, la décision de l'apostat. « Il te répudie enfin ? » s'enquit-il.

« Non ! Il veut divorcer selon la loi des mécréants !' s'exclama-t-elle.

Et en effet, l'homme s'installait au même moment dans un studio, après avoir fait établir une séparation de corps d'avec son épouse.

 

Chapitre 3


268233_216807971697836_100001059032402_665568_1669902_n.jpgMais le malheur frappe aussi le bienheureux. L’homme mourut. Ses enfants en informèrent leur mère, et s'en furent à une société de pompes funèbres, ou, conformément à ses volontés, ils demandèrent à ce que l'apostat soit crématisé. La société de pompes funèbres fit les démarches, et une surprise leur vint : l'épouse de l'homme, dont il était séparé mais pas encore divorcé, avait été trouver une autre société de pompes funèbres, et demandai son inhumation en terre consacrée.

Les enfants s'en allèrent trouver leur mère. Ils n'avait plus aucune sorte d'amour filial pour cette harpie moyenâgeuse, mais lui parlaient avec respect, parce que leur père les avait bien élevé. Avec leur mère se trouvaient des sbires de l'iMam Amar, qui ne voulurent pas en démordre : la religion qui avait été imposée à l'homme depuis sa naissance guiderait sa façon de vivre et même de mourir.

Ce n'était pas pour rien qu'elle s'appelait ''soumission''.

Les enfants se tournèrent alors vers la justice du royaume de France, qui leur donna raison : l’homme serait crématisé.

L'épouse et ses acolytes faisaient appel, mais celui ci n'était pas suspensif de l'autre décision, qui était à exécution immédiate.

Tout semblait bien.

 

Chapitre 4


271042_216596441718989_100001059032402_664688_4170030_n.jpgFurieux, l'iMam Amar s'en fut trouver son amie, la mère emptoire, et la somma de faire quelque chose. Celle-ci l'assura qu'elle ferait le nécessaire.

La société de pompes funèbres et les enfants de l'homme eurent la surprise de se voir opposer des refus successifs pour l'autorisation de crémation par les services de la bourgmestre. Un croque-morts appela le crématorium, ou il avait un ami. Celui-ci lui confirma ce qu'il redoutait : la bourgmestre en personne avait interdit au crématorium de procéder, sous quelque prétexte que ce fut.

Pendant ce temps, la femme de l’apostat et l'iMam sen rendirent devant la cour, ou ils trouvèrent un autre juge, qui était bienveillant envers la Soumission. L'iMam prêcha. Il expliqua que leur religion n'avait rien à voir avec les lois du royaume de France, que nul ici n'était apte à décider que le corps de l'apostat puisse brûler, ce qui était sacrilège. Il expliqua que seul le tribunal compétent d'un pays Soumis, ce qui n'était pas pour le moment le cas du royaume de France, pouvait décider, et que l'apostat n'était pas maître de son destin, non mais. L'iMam finit en expliquant que la communauté des Soumis, qui était nombreuse, prendrait mal toute décision contraire à leur religion, et qu'il ne répondrait de rien en cas de décision défavorable.

Le juge argua que l'épouse avait raison, qu'elle était toujours sa femme devant la loi, et que les enfants de l'homme étaient sans conteste de mauvais enfants. Il les débouta.

Et, contrairement à sa volonté, qu'il avait eu le tort de ne pas écrire, l'homme fut enterré, religieusement, dans le carré réservé aux Soumis de l'Ile.

Il y est toujours.

 

Epilogue


L'iMam Amar ne remercia pas la mère emptoire, ce n'était pas nécessaire : à quoi bon remercier quelqu'un qui avait simplement accompli son devoir ? Il apprit avec satisfaction qu'elle briguait le poste de reine de France, et même si l'idée de voir une femme à cette place lui était moralement insupportable, il voyait déjà les nombreux avantages qu'il en retirerait pour les soumis.

 

Je vous souhaite à tous une bonne fête nationale, particulièrement aux bienheureux qui se bercent de l'illusion de vivre dans un pays libre.

 


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