"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen

élicitations à tous les participants à la clôture du jour.
Ceci est la réédition d'un texte qui était paru, à vif, sur Orange Blog. Quand on n'a pas le temps, autant ressortir des vieux machins...
Eric est mort. C'est qui ? Je sais pas. Un mec. Il à perdu sa mère très tôt, en couches croit on savoir. Puis, alors qu'il avait trois ans, son père. Quelqu'un s'est rendu compte qu'il n'avait aucune famille. Confié à la DDASS, il à grandi en foyer, et s'est retrouvé à la rue à sa majorité. Il à bossé, il à toujours bossé, sans se faire d'amis. On sait pas quand ni comment, il est tombé dans la dro..gue, mais à continué de travailler et de faire, seul, ce que la société attendait de lui. Puis, mauvais dosage ? Raz le bol ? Il est mort d'une overdose à Nancy. Il habitait dans les Vosges. Sur son compte, beaucoup d'argent. Chez lui, quelques affaires. Pas de photos de famille, il n'en avait pas. Pas de carnet ou noter le numéro de ses amis : il n'en avait pas non plus. Le numéro d'une assistante sociale : elle l'a vu une fois, pour qu'elle l'aide à remplir une déclaration d'impôts. En recoupant certaines informations, les mairies et l'assistante sociale trouvent que son souhait était d'être enterré dans les Vosges, dans la tombe ou se trouvait son père, puisque personne n'a jamais été capable de retrouver la sépulture de sa mère. La mairie me contacte pour organiser les obsèques, la facture sera directement prélevée sur son compte, avec l'accord des autorités, et me voilà à organiser son retour vers les Vosges et son père. La, problème : son père est enterré à un mètre cinquante. Pour enterrer Eric dans la sépulture, il faudrait l'exhumer, placer ses os dans un reliquaire, et enterrer côte à côte le père et le fils. Mais la loi est formelle : il faut l'autorisation d'un ayant droit, dans le cas d'une exhumation, un membre de la famille. Il n'y en à aucune. Même pas très éloignée. Personne. Ni d'ami qui pourrait témoigner de ses volontés. Le maire de la commune des Vosges pourrait autoriser la manipulation en vertu de son pouvoir de police, mais la concession à été scrupuleusement payée pour les vingt ans à venir, théoriquement il n'a aucune raison valable d'exercer ce droit. Le dossier est porté à la préfecture. La sentence est rendue : Eric à de l'argent, il à une sépulture, il voulait être enterré près de son père, mais comme personne n'a le droit de signer ce papier, et que ce cas n'a pas été prévu par la loi, Eric sera enterré près de Nancy, comme indigent. En d'autres termes : à la fosse commune. La mairie nous paiera pour procéder aux obsèques, et se remboursera sur son compte. Le reste de ses économies sera transféré chez un notaire, qui cherchera un héritier, puis, si il ne trouve personne, l'argent sera reversé dans les caisses de l'état. Ses affaires seront données aux chiffonniers d'Emmaüs. Son appartement sera repeint et reloué. Quand leurs concessions respectives arriveront à terme, à lui et son père, leurs restes seront jetés dans un ossuaire, loin l'un de l'autre. J'ai écrit à Nicolas Sarkozy pour lui demander de signer ce fichu papier, puisque personne n'a le courage de s'engager. Même si par miracle il me répond, ce sera sans doute trop tard. Il s’appelait Eric, il avait quarante cinq ans, il à passé sa vie tout seul et tout le monde s'en fiche. Quand il sera enterré, il n'y aura plus personne pour se souvenir de lui.
Pour ceux qui se poseraient la question, Sarko n'a jamais répondu, et Eric est toujours ou on l'avait déposé, à ma connaissance.