"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
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élicitations à tous les participants à la clôture du jour.
Un vieil article qui m'a été demandé par Lemaf. Ouais, c'était du temps d'Orangeblog. Pas le temps de faire de cosmétique, je vous le livre tel qu'à l'époque, brut de fonderie. (note pour les nouveaux lecteurs : l'article a été entièrement tapé sur le clavier d'un téléphone portable. C'était ça, du temps de l'agrume...)
Le gars nous est arrivé d'une réquisition, du genre ''j'ai pris la voiture d'en face de plein fouet''.
Le lendemain, nous reçûmes l'appel d'un concurrent très embêté : la famille voulait voir son défunt, mais le confrère doutait que cela fut possible. Nous lui avons, après vérification, confirmé que non, en effet, ça n'était pas une bonne idée DU TOUT.
Un peu plus tard, le confrère, toujours, appelle pour demander à louer notre labo. La famille avait demandé que leur fils soit rendu présentable, peu importe le prix, puisque d'argent ils ne manquaient pas, et d'héritage ils économisaient une part.
Le soir, voilà que débarqua la cavalerie, sans chevaux mais avec leurs grosses valises, des thanato d'une société spécialisée, du genre cinquante ans d'expérience à eux deux. Lorsque le corps fut sorti de la case et de la housse, je ne pu m'empêcher de m'exclamer ''hou la ! Celui la, il à plus que son compte''
''Ouais, me répond la thanato (puisqu'un des deux était une), il à eu aucune chance''.
Bref, quoique d'un naturel peu sensible, j'ai le sang en horreur. C'est ma petite faiblesse. Je remontai au bureau, boire un petit café. Lorsque je redescendit, vingt minutes plus tard (on s'est relayés avec les collègues, tout le monde voulant savoir comment ils allaient s'en sortir) il n'y avait plus de sang, mais, limite, c'était pire : on voyait bien toute l'étendue du massacre. L'os de la cuisse sortait, le visage...
Disons qu'on aurait été incapable ne serait-ce que de s'imaginer à quoi le garçon pouvait ressembler, une boucherie. Et les thanatos s'y mirent. Méthode simple : branchement des aiguilles sur les artères, ligature partout ou ça fuyait, puis, des pieds à la tête, lors d'un deuxième passage, bourrer les plaies de coton, recoudre, enduire d'un pansement invisible et surtout imperméable. Le problème survint au niveau du genoux : malgré tous leurs efforts, ils ne parvinrent pas à attraper les tendons pour faire tenir l'os saillant. Un bandage très serré fit office d'attelle. Enfin, quand tout fut fini, ils purent s'attaquer au gros chantier : le visage. La première étape consista à retaper aussi précisément que possible les pommettes, le nez, et, après avoir replacé les yeux (qui étaient sortis prendre l'air) les orbites, en passant sous la peau, pas les plaies, en réparant avec de la résine. Puis, après avoir placé une base de coton, les blessures du visage furent refermées à la cire.
Quand fut apportée la touche finale, injection de formol coloré, habillage, retouches de maquillage, il était impossible de dire de quoi le gars était mort. L'ensemble des opérations avait duré un peu moins de six heures...
Le confrère était content, la famille aussi (euh... Façon de parler) mais moi, le soir, en rentrant, je guettai au loin, sur l'autoroute, les phares d'une voiture arrivant en sens inverse...