Félicitations à tous les participants à la clôture du
jour. ___Le dessin m'avait échappé, mardi 13 octobre dernier, en une de l'est républicain. Une forêt dense, touffue, et une question,
en dessous : « Ou se cache Treiber des bois ? », façon : ou est Charlie ? Je m'use les yeux quelques secondes sur l'image, avant de lire la réponse (et oui, je sais lire à l'envers, la
classe, hein !) : « Vous avez retourné le journal trop tard, Treiber des bois vient de partir ». ___L'on pourra se poser la question de la justice. ___D'un côté, une série de preuves concomitantes, qui désignent Treiber comme un suspect sérieux dans le meurtre de deux jeunes
femmes, Géraldine et Katya, dont l'une est la fille d'un célèbre acteur Français. De l'autre, un type pointé du doigt comme coupable par la justice, avant même son procès. Une vieille manie
nationale. ___Il est parfois légitime de s'interroger sur le thème « qui rend le verdict ? », tant la presse et la vindicte
populaire ont tôt fait de condamner un homme avant même sa comparution aux assises. Attention, je ne défend pas l'assassin de Géraldine et Katya, ne mélangeons pas tout. Je dis juste qu'il
revient à une cour d'assises de dire qui est cet assassin, au final, après que la police ait désigné le candidat le plus sérieux. ___On notera que Naincolas, pardon, Monsieur le Président, prompt à désigner d'habitude, rappelons nous Yvan Colonna, désigné
comme l'assassin du préfet Erignac par le ministre de l'intérieur Sarkozy, Dominique de Villepin, désigné également comme coupable par le président de la république Sarkozy, et Jean Sarkozy,
désigné à la tête de l'EPAD par le président de la république Sarkozy, observe un bien étrange silence. Résumons : un nationaliste Corse que tous les membres condamnés du commando qui a lâchement
assassiné Claude Erignac déclarent innocent, un adversaire politique à même de faire de l'ombre au nabot omnipotent, et un étudiant attardé qui n'aurait probablement rien fait de sa vie sans son
papa pour lui ouvrir les portes. ___Crédit, discrédit. ___Pour en revenir à Treiber, je pense, d'après les éléments que j'ai pu glaner de cette affaire, qu'il est coupable du
meurtre. C'est un avis, il ne regarde que moi, et je m'empresserai de le mettre à la poubelle pour m'en forger un neuf si j'étais tiré au sort comme juré d'assises, par exemple, ce qui,
statistiquement, est peu probable. ___Le souci, c'est que la presse pointe les nombreux éléments à charge, que le portrait de la très jolie Géraldine et de son
amie Katya au sourire si lumineux sont exhibés à la moindre occasion, et que les jurés lisent cette presse, s'en imprègnent, se forgent une opinion, condamnant d'avance, pour les plus
influençables, ou du moins ceux qui n'auraient pas la force de caractère d'effacer ce préjugé, Treiber. Je me rend compte que je viens, par ricochet, de me faire un grand compliment. ___C'était involontaire. ___La presse en est elle blâmable ? Non. ___Le devoir d'un journaliste est d'essayer de savoir; Celui d'un juge, ou d'un policier est, non pas de se taire, mais de
causer avec intelligence, en respectant le secret de l'instruction et la présomption d'innocence. Si le policier, ou le juge, ou le procureur, ou le garde des sceaux, ou l'oncle de la cousine par
alliance du neveu qui connait le patron du bar fréquenté par le gars dont un collègue a vu quelque chose, cause à tort et à travers, le journaliste fait le tri, selon le degré de crédibilité de
son interlocuteur, et rédige son article en fonction des éléments glanés. Histoire de dire au public que la justice suit son cours, parfois bien, parfois mal. Il est aussi de son devoir de donner
des faits à ses lecteurs, en les présentant selon sa sensibilité, mais sans trahir la vérité, chacun faisant le tri, un socialiste n'ira pas lire Le Figaro, par exemple, ou alors pour savoir ce
qui se passe en face, afin que ces mêmes lecteurs agissent en toute connaissance de cause. ___Parce qu'un lecteur est, la plupart du temps, un contribuable (même sans payer d'impôts, vous payez des taxes, nous sommes
TOUS, sans exception, des contribuables, dés lors que nous dépensons un peu d'argent, aussi infinitésimale que fut la somme) et un électeur. Parce qu'il doit désigner à qui il confiera le soin de
gérer cet argent au mieux pour le bien de tous, à qui il devra donner le pouvoir de représenter son pays, et de prendre les grandes décisions qui influeront la vie de chaque Française et chaque
Français. Parce que la démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. Et dénier à la presse le droit d'informer ce peuple, qui prendra la décision en fonction de ce qu'il
sait et de ses valeurs, c'est renier le principe même de la démocratie. ___Ce n'est pas demain la veille ou nous auront un premier amendement à la Française, à cette époque ou nos dirigeants, qui ne
se considèrent pas du peuple et ne dirigent certainement pas pour lui, tendent à le museler. Mais il est bon d'espérer. ___Sinon, il reste à celles et ceux qu'on empêche de s'exprimer librement à prendre le maquis. Mais dans ce cas, Treiber pourra
à juste titre se plaindre de la surpopulation forestière.
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Félicitations à tous les participants à la clôture du
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___Le dessin m'avait échappé, mardi 13 octobre dernie ...