"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
élicitations à tous les participants à la clôture du jour.
La semaine dernière, c’était la journée mondiale contre le SIDA, et c’est mieux que si c’était une journée pour le SIDA. Cette maladie se caractérise par de nombreux symptômes, souvent lorsqu’il est trop tard, voilà pourquoi il est bien de se faire dépister si l’on n’a un doute.
Moi, par exemple, je me suis fait dépister, pas exprès, juste j’en ai profité, en même temps que d’autres trucs, et je l’ai pas. C’est normal : le SIDA est une maladie à la mode, et, si il y a bien une chose dont j’ai horreur, c’est la mode. La mode, c’est le triomphe de la connerie du plus grand nombre sur l’individualité pensante.
Par contre, j’ai du cholestérol. Ouais je sais, c’est chiant, mais j’ai pris des mesures. Le médecin m’indiquait que le pain beurre, par exemple, c’est mauvais, j’ai agi, immédiatement, radicalement : le pain avec mon beurre, c’est ter-mi-né ! Je le mange désormais nature, directement à la baratte, avec une petite cuiller.
Mais la n’est pas le sujet de cet article.
Le sujet de cet article, c’est un cours de théologie.
Oui, de théologie, vous ne rêvez pas. Parce que hier, j’ai encore, au hasard d’une radio, entendu l’affirmation idiote et imbécile : « Le SIDA en Afrique, c’est la faute du pape ».
L’explication du type, elle est simple, vous la connaissez tous, je vous la refait, allez : le pape a mis le préservatif à l’index, non, il ne s’est pas trompé de doigt, il a juste décrété que la capote n’avait pas sa place dans le baise en ville du parfait catholique, et donc, des milliers d’Africains très croyants se sont aussitôt mis à baiser sans petit capuchon, se contaminant allègrement les uns, les autres.
La, je marque une pause, comme à chaque fois que j’entend cette explication, pour me prendre la tête entre les mains, la secouer un peu de droite à gauche, en psalmodiant ma prière « Quel con, mais quel con ».
Connaissez vous, petits cloportes bouffis d’ignorance crasse, la différence entre un pêché mortel et un pêché véniel ? Je m’en vais vous instruire.
Un pêché véniel, c’est de ne pas respecter une consigne des représentants mortels de Dieu sur terre. Par exemple, une mise à l’index. Lorsque vous arrivez devant Saint Pierre, c’est le gardien des portes du paradis, celui-ci décide de vous en punir, en vous envoyant vous repentir au purgatoire. Vous voyez les salles d’attente de dentistes, avec tous ces vieux magazines qui traînent sur la table basse ? Grosso modo, c’est le purgatoire. Vous y passez quelques jours, et, lorsque le patron décide que vous avez suffisamment réfléchi sur vous-même, il vient vous chercher pour vous amener au Paradis.
Je schématise, bien entendu.
Un pêché mortel, c’est ne pas respecter un commandement du Seigneur. Exemple, « tu ne tueras point ». Si tu prends ton Glock pour aller flinguer ton voisin, c’est gagné, tu vas directement en enfer.
Tout ça, on l’apprend au catéchisme. Catéchisme qui est enseigné aux catholiques Africains comme à tous les autres.
Or donc, on voudrait nous faire croire que les Africains ne mettent pas le préservatif, par peur de commettre un pêché véniel, qui, comme on l’a vu, n’est pas très grave, en allant faire l’amour à une ou plusieurs partenaires différentes, ce qui revient à « convoiter la femme de ton voisin », ce qui est un pêché mortel ?
Cela démontre trois choses.
La première chose, c’est que ceux qui défendent cette théorie vous prennent pour des cons sans culture et incapable de tenir un raisonnement simple. J’ose espérer que vous ne leur donnez pas raison.
La seconde chose, c’est qu’en prenant l’exemple des Africains, et en leur prêtant un raisonnement aussi stupide, pour le coup, les défenseurs de cette théorie, ipso facto, adoptent un raisonnement raciste. « L’Africain fait bêtement ce que le pape blanc lui dit, est incapable de comprendre ce qu’est le SIDA, ni de résister à l’appel de sa bite ». Je crois plutôt que les Africains sont des hommes comme les autres, qui n’aiment pas mettre de capote, qui pensent que le SIDA, c’est pour les autres (et ce n’est pas typique, tu n’as jamais pris le volant en ayant trop bu ?), et qui voient se pointer un petit blanc à demi sénile qui leur donne une excuse en or pour ne pas mettre de préservatif.
La troisième chose, c’est qu’en dénonçant le pape, et donc, finalement, la religion catholique, comme coupables, sans se demander pourquoi, en d’autre pays autrement plus pratiquants, le SIDA est beaucoup moins développé, l’individu ne cherche pas à aider les Africains, dont nous avons vu qu’il les méprise, au contraire, mais essaie de faire passer sa haine du catholique en le rendant responsable de tous les malheurs du monde. On appelle cela de la stigmatisation.
On pourra alors se demander si cet homme, ou cette femme, ne fait pas des rêves bizarres. Des rêves ou les catholiques, faméliques, à l’aire terrifiés, attendraient sur le quai d’une gare, en regardant nerveusement la croix jaune cousue à leur poitrine, un train qui les conduirait vers un inconnu dont nul n’est jamais revenu.
PS : Il est à parier que certains vont s’étouffer en lisant ceci. Je leur suggérerai de se poser une question : auraient-ils eu une réaction aussi épidermique si j’avais, dans cet article, défendu une autre communauté ? Non, non, ne répondez pas. Déjà parce que cela vous évitera de vous lancer dans des diatribes haineuses, de vous ridiculiser avec une mauvaise foi patente, et puis, c’est inutile. Je sais.
Les graphismes, illustrations et la déco du blog sont l'oeuvre de Manu Rayot.
Tous droits réservés.