Félicitations à tous
les participants à la clôture du jour. ___Que font les croque-morts en cas de catastrophe ? Ils réagissent avec courage, abnégation et sang-froid, dans la mesure de
leurs moyens. ___Voici leur histoire. ___L'appel tomba du poste de police de la rue Colbert à 19 H 45. Réquisition. C'était dans un champ de Guipavas, l'aéroport
international de Brest. ___La fille du standard de la police, jeune sans doute, n'avait pas plus de précisions. Un crash d'avion près de Guipavas.
C'était la panique, il fallait que les pompes funèbres interviennent. Puis la communication fut coupée. ___"Sans doute une perturbation electromagnétique causée par la carcasse de l'appareil",
songea l'assistant qui avait reçu l'appel le plus perturbant de sa vie. Il appela donc son collégue de permanence, l'ambulancier, qui s'installait avec un café dans son fauteuil, en prévision du
journal de 20 heures. Celui-ci était loin de se douter que, dans très exactement deux minutes et dix sept secondes, son coeur allait manquer un battement, son mug South Park allait choir sur le
sol, brisant son anse et répandant son contenu sur le parquet, que son fauteuil serait violemment propulsé contre le mur lorsqu'il s'en reléverait trop brutalement, et qu'il manquerait de
renverser un petit meuble en glissant dans le café récemment répandu, au moment ou une voix familière lui annoncerait un crash d'avion à Brest-Guipavas. ___C'est en pilotage automatique qu'il rejoindrait son collégue, sur les chapeaux de roues, et que tous les deux, dans
l'ambulance , traverseraient Brest, en cette heure délicate ou le jour et la nuit se rencontrent et s'échangent de mystérieuses paroles que le zeph' emportera à l'horizon avec la chaleur de la
journée. Et ainsi fut fait. ___L'ambulance funèraire traversait la ville à une vitesse prohibée, avec deux croques-morts à bord. ___Le premier, front plissé par la concentration, s'efforcait de penser à la route, uniquement la route, qui défilait sous lui
à une vitesse indicible, et aux feux rouges qu'il ignorait, et aux ronds points qu'il traversait à fond de train. Il chassait de son esprit les flammes, les corps brisés, déchiquetés, carbonisés,
les membres amputés qui jonchaient le sol, la nuit qui clignotait en bleu gyrophares, les hommes désemparés qui courraient en tout sens à la recherche d'un espoir, d'un signe de vie, à l'arrière
plan, la carcasse gigantesque de l'appareil transformé en cercueil, et au premier plan, posé sur la pelouse arrosée de kérozéne, un doudou, qui avait appartenu au plus jeune des passagers,
victime expiatoire de la folie des hommes dans leur course inexorable au progrès et à la conquéte des cieux malgré la leçon donnée par les Dieux à Icare, enfant qui emporterait avec lui les
dernières traces d'innocences de tous ceux qui serait présents sur les lieux, tant est si peu qu'il leur en fusse resté. ___Il sentait couler sur son visage les larmes et la sueur. Un avion s'était écrasé à Guipavas. ___Le second appelait, appelait sans relâche. D'abord son chef, le directeur de région Bretagne Nord, qui à son tour alait
appeler tous ses bureaux, pour mettre les équipes en alerte. Les gars de repos seraient rappelés, les familles renvoyées chez les concurrents
confrères, tout le matériel disponible serait en route dans quelques instants pour Brest Guipavas. Il appelait ensuite les autres chefs d'autres régions, pour obtenire le même chose. A chacun, il
décrivaitles flammes, les corps brisés, déchiquetés, carbonisés, les membres amputés qui jonchaient le sol, la nuit qui clignotait en bleu gyrophares, les
hommes désemparés qui courraient en tout sens à la recherche d'un espoir, d'un signe de vie, à l'arrière plan, la carcasse gigantesque de l'appareil transformé en cercueil, et au premier plan,
posé sur la pelouse arrosée de kérozéne, un doudou, qui avait appartenu au plus jeune des passagers, victime expiatoire de la folie des hommes dans leur course inexorable au progrès et à la
conquéte des cieux malgré la leçon donnée par les Dieux à Icare, enfant qui emporterait avec lui les dernières traces d'innocences de tous ceux qui serait présents sur les lieux, tant est si peu
qu'il leur en fusse resté. ___Il sentait couler sur son visage les larmes et la sueur. Un avion s'était écrasé à Guipavas. ___Et Brest défilait, indifférente, les dernières lueurs du jour affleurant son architecture austère de ville d'après guerre,
dont la beauté n'apparaissait pas à l'oeuil, mais au coeur des Brestoises et des Brestois qui se donnaient la peine de regarder leur ville autrement que commme une suite de rues. L'air marin
caressait leurs narines, portant toutes les effluves du monde, portées la par les océans, mais le monde resterait indifférent au drame vers lequel ils se précipitaint. Rue Jean Jaurés. Place de
Strasbourg. Puis la rue de Paris. Enfin, ils se trouvèrent à Coataudon-Tourbian, ils bifurquèrent vers l'aéroport, et enfin, suivant es indicatins, ils virent les estafettes garées sur le bord
d'un petit chemin de campagne. Avec eux, quelques pompiers. Sans doute le barrage. "Bonsoir, messieurs. Vous avez fait vite ! - Aussi vite qu'on a pu. C'est ou ? - C'est la". Le flic montrait un champ, caché par un talus. "Ok, les renforts sont en route. Les pompiers vont ouvrir une voie ? Ou est-ce qu'on va faire la chapelle ardente ? - La quoi ? - La chapelle ardente ! ... (Un blanc se fit. Monsieur le Doute fit voir le haut de son crâne) Vous savez, pour les victimes ! - Les vic... Euh, dites, les gars, on vous a dit quoi, exactement ? - Ben qu'un avion s'était crashé. C'est pas ça ? - Si, c'est rigoureusement exact. Un Cessna 172 M, je crois. Quatre places. Mais il n'y avait que le pilote à bord. Il a fait un infarctus et a raté son
atterrissage en catastrophe... Hé ! dites, ça va, les gars ? Vous êtes tout pâles..."
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"Mais, sérieusement, requiem, qu'est ce que vous faites, quand il y a plein de morts d'un coup ? - La même chose que quand il n'y en a qu'un. Plein de fois."
Partager l'article !Catastrophiques envolées:
Félicitations à tous
les participants à la clôture du jour.
___Que font les croque-morts en cas de catastr ...
Ca me rappelle un copain, qui debutait a la CRS 45 il y a quelques annees.
Il recoit un appel parlant d'un gros carton sur la Rocade, et demandant une intervention rapide.
Lui, en panique ne demande pas plus de details que le lieu exact et previent le SAMU, les pompiers ...
A ca, pour un gros carton, c'etait un gros carton.. Marron, un peu plus d'un metre de cote...
Commentaire n°5
posté par
LaurentD
le 19/03/2010 à 10h14
Bonjour
Intéressant de lire le plagiat de Barbare et le tien àprès...histoire vrai
J'ai lu tes mises en garde, il s peu bien que je prenne un autre AR pour venir te voir !
Commentaire n°6
posté par
Crikette
le 19/03/2010 à 13h15
bon je lis pas l'article deja la musique je me sens suicidaire...
Commentaire n°7
posté par
tyler
le 19/03/2010 à 14h45
La musique qui nous casse les oreilles quand on va sur ton blog sans avoir baissé le son, tu peux m'éclairer, elle passe pas dans Orange Mécanique par hasard?
Commentaire n°10
posté par
Angel
le 20/03/2010 à 11h33
Et qu'est-ce que tu fais quand il y a un mort en plusieurs coups?
Il recoit un appel parlant d'un gros carton sur la Rocade, et demandant une intervention rapide.
Lui, en panique ne demande pas plus de details que le lieu exact et previent le SAMU, les pompiers ...
A ca, pour un gros carton, c'etait un gros carton.. Marron, un peu plus d'un metre de cote...
Intéressant de lire le plagiat de Barbare et le tien àprès...histoire vrai
J'ai lu tes mises en garde, il s peu bien que je prenne un autre AR pour venir te voir !
le décès du mug, c'est émouvant...