"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen

élicitations à tous les participants à la clôture du jour.
Les Français sont passionnés de météorologie. Hormis qu’elle permet de savoir comment se vêtir pour le lendemain, elle fournit également un passionnant sujet de conversation à ceux qui n’ont rien à se dire. Parler de la pluie et du beau temps, alors que certains le font pour meubler, d’autres sont captivés.
Et on me demande parfois si le climat joue sur les décès. La réponse est clairement oui. Nous ne parlerons pas, bien sûr, des averses importantes qui font sortir les rivières de leur lit et emportent avec eux quelque propriétaire foncier courroucé dont les ultimes paroles en ce bas monde seront « Mais pourquoi le gouvernement ne fait il rien ? » Mais bel et bien des gens qui, surpris par un brusque refroidissement ou un réchauffement brutal, voient leur santé précaire se dégrader au point que rapidement, leur médecin cède le pas à un croque-morts.
Tenez, la semaine dernière, il y a eu cet été indien dont on a tant parlé, et il ne s’est pas passé une seule journée sans que je reçoive une famille en deuil.
Il y a aussi le suicide saisonnier. L’on me dira « Oui, c’est normal, lorsque vient l’hiver, si froid et déprimant, les gens dont la morne vie ne semble plus présenter d’intérêt vont attenter à leurs jours. » Perdu ! L’hiver présente son lot de suicides, certes, mais pas plus que l’été. Non, les deux saisons charnières sont l’automne, oui, je sais, c’est pareillement déprimant, et le printemps. Oui, le printemps.
Tout ça, ce sont des impressions. Parce qu’il est relativement difficile de se procurer des statistiques détaillées et fiables.
Mais il y a aussi les évènements non climatologiques. On meurs beaucoup moins lorsqu’il se passe quelque chose d’intéressant.
Je n’ai jamais su si c’était du lard ou du cochon, mais des anciens que j’ai croisé m’ont juré leurs grands dieux que, en 1998, lorsqu’il est devenu patent que l’équipe d’Aimé Jacquet avait vraiment une chance d’aller en finale de la coupe du monde, les croque-morts se sont pour ainsi dire retrouvé au chômage technique. Comme si la Mort elle-même s’était installée à la table d’un petit bistrot, avec un demi, en déclarant à qui voulait l’entendre que voir la France championne du monde de foot, merde, quand même ! ».
Lorsque, mitigé, je leur demandait innocemment si ça avait mis du temps à redémarrer, ils m’ont répondu « Oh que non ! Le soir même, trois secondes après le coup de sifflet final. »
« Il y avait ce type… » Commença un, et je me réjouis : une histoire ! Voilà du concret, voilà qui est bien.
Le type en question, donc, regardait le match chez lui, avec des amis. La soirée était arrosée, et plus Zidame marquait de buts, plus le gars se lâchait. Lorsque Petit crucifia le Brésil, il poussait des hurlements déchirants de joie primale, et courait autour du canapé. Lorsque retentit le coup de sifflet final, il se mit à sauter de joie, voulut tenter un triple salto arrière tout en faisant la holà, et passa par la fenêtre.
Il habitait au septième étage.
Il fut le premier à mourir, et le seul de façon aussi imbécile. Ce soir la, l’équipe de permanence n’eut même pas le temps de prendre une pause café.
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L'Ankou mascotte dans l'en tête de l'article est une courtoisie de Rex Buthor.
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