Félicitations à tous
les participants à la clôture du jour. ___Mardi, par hasard, je me suis retrouvé en chemise et pantalon été, au milieu d'une forêt Lorraine, en pleine nuit, par moins
cinq degrés, à attendre que les pompiers nous apportent un groupe electrogéne et des projecteurs. Pour quoi, je vous le raconterai une autre fois. En attendant les soldats du feu, je m'en serai
bien fait un petit : j'ai repensé à ma vie, et je suis formel : j'ai jamais eu aussi froid que ce soir la. De loin. ___Bon, bref, disons qu'on était sur un accident sylvicole vraiment très très moche, avec deux collègue, un vétéran et un petit
nouveau. Le petit nouveau, nerveux, ne cessait de répéter "C'est mon premier dans cet état la, c'est mon premier...", pour préparer peut être l'auditoire au moment ou il allait tourner de l'oeil.
Chose qu'il n'a pas faite. Bravo. ___Le running gag de la soirée, c'est qu'â chaque fois qu'il disait à quelqu'un que c'était son premier, les participants lui
répondaient invariablement : "Oh, il y a pire : les trains...". ___Il n'était, bien entendu, pas question de la SNCF en elle même, mais des gens qui se jetaient sur la voir alors qu'un convoi
arrivait à pleine allure. A chaque fois, l'auditoire opinait du chef : on était entre nous. ___Qu'une chose soit claire, il y a deux genre de personnes : ceux qui ont ramassé des bouts de cadavre sur cinq cent mètres
après une collision, volontaire ou non, avec un train, et les autres. ___Or donc, la conversation dévia sur ce que nous raconta un gendarme. Voici son histoire. "C'était un suicide. Aucun doute. Le gars avait laissé une lettre, s'était mis debout dans un virage, lâ ou le train ne pouvait pas le voir, et se l'était pris à
200 km/heure dans la tronche. Il y en avait partout. ___Bref, on était au sac-poubelle. On arpentait les voies et les champs avec nos sacs poubelle pour y mettre les morceaux. On a
ramassé, puis, au bout d'un moment, comme on ne trouvait plus rien, on a mis tous les sacs dans une housse de corps, et on est rentrés faire la paperasse. Le train est reparti pour
l'Allemagne. ___C'était un suicide, aucun doute, et le légiste s'était contenté d'un bref examen et de quelques prélévement, pour chercher
les toxiques. La routine.Il avait noté qu'il manquait des bouts, et les avait supposés emportés par les charognards. Il y avait plein de renards, dans le
coin. ___Le gars souffrait de dépression, sa femme s'était barrée, il avait perdu son boulot, rien à signaler. La famille réclamait
le corps, on avait aucune raison de lui refuser, alors le proc' a signé le permis de crématiser. ___Le gars est parti au four, les cendres ont été mises dans la sépulture de famille, et ses proches rentrérent chez eux,
accablés de chagrin et de culpabilité. La routine. Quelques jour après, on recoit un coup de fil de la police Allemande. ___Le collègue parlait Français avec un fort aggzent teuton. - Ach, ponchour, kollégue ! Qu'il dit. - Guten tag ! Que puis je faire pour vous ? - Eh pien, zai eine pobléme, ja, figurez fous qu'on a été appelés zuite à une inzpektion de routine zur eine train a fous, ja ? - Euh, oui, mais je ne vois pas... - Fous avez pien un gars qui z'est jeté dessous, ja ? - Ja, euh, oui ! - Il manquait rien ? - Peut étre, on peut pas savoir, il était dans un état ! - Ach ! Definez ? Ze parie qu'il vous manquait un bras ! - Un bras ? Euh, oui, il me semblait bien que j'avais vaguement entendu parler de ça... - Z'est moi qui l'ai trouvé ! Collé dans un coin, sous le train ! - Merde... - Ach ! Les Franzais, afec leur focabulaire imagé ! Pon, dites, j'en fais quoi ? - Euh, je sais pas trop. Il a déjâ été crématisé, je me vois mal annoncer ça à la famille... - Che comprend. Pon, che vais arranger ça afec le crématorium, on fa faire passer ça pour un déchet d'amputazion, ni fu, ni connu, ja ? - Ok, collégue, merci. ___Je lui ai envoyé une bouteille de champ. Je pouvais bien faire ça. N'empêche, le maccab', il m'a fait un sacré bras
d'honneur. Mais j'allai faire quoi ? Lui coller un outrage à titre posthume ?"
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Félicitations à tous
les participants à la clôture du jour.
___Mardi, par hasard, je me suis retrouvé en chemise et ...