"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.

Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."

article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen

 

F Fumée Noire 2ankou

élicitations à tous les participants à la clôture du jour.

J'apprends aujourd'hui, totalement par hasard, à travers la page Facebook de l'excellent site Mémoire des Vies (bientôt en interview dans nos colonnes, on espère), qu'un journal avait refusé de passer l'avis de décès de Yann Fouéré, un indépendantiste Breton.

C'est l'occasion de rappeler que l'avis de décès dans la presse n'est nullement obligatoire. Par ricochet : dans cette histoire, on attend la version du journal en question, mais la justice a été saisie, puisqu'il s'agirait d'un refus de vente à caractère discriminatoire, dans l'absolu. On pensera ce qu'on veut de Yann Fouéré, là n'est pas la question. Reste que, à partir du moment ou le journal propose une rubrique avis de décès, il ne peut en aucun cas refuser de faire paraître un avis sur la simple base d'une personnalité, puisqu'il s'érigerait ainsi en décideur de qui est digne ou pas de figurer dans ladite rubrique. Toutefois, bien entendu, la journal a le droit, et même le devoir, d'imposer une modération dans ces avis : il s'agit de faire passer une information, pas d'ouvrir une tribune.

Voilà pourquoi je m'abstiendrai de tout autre commentaire sans avoir lu l'avis en question. Ceci dit, message personnel : je sais que des rédacteurs de ce journal me suivent. Et je devine qu'ils se reconnaîtrons. Si d'aventure ils voulaient me faire part de leurs observations, j'en serai enchanté.

Oui, requiem29 est prêt à tuer pour un scoop, tant qu'il n'y a pas DSK dedans.

Mais faire paraître un avis de décès dans la presse, par contre, n'a aucun caractère obligatoire. Cela a un coût, qu'on ne peut pas imposer aux familles. Jusques y compris, c'est important, pour ceux chez qui cela existe, les listes de défunts de la semaine, publiées dans l'édition locale du journal, sur la base d'une liste transmise par la mairie : nul n'est tenu d'y figurer, et la mairie est dans l'obligation de respecter ce choix. Théoriquement, elle devrait poser la question à chaque déclaration de décès (et, ipso facto, les opérateurs funéraires aussi, puisqu'ils en sont la plupart du temps les intermédiaires), mais si ce n'est pas le cas, c'est à chacun de faire valoir ses droits.

L'avis de décès payant dans la rubrique nécrologique est totalement facultatif. Ceci dit, il reste le meilleur moyen de transmettre la nouvelle de la mort, et la date de la cérémonie.

Il existe une légende tenace, qui voudrait que les avis de décès soient plus lu le samedi, puisque plus de gens achètent le journal (ceci n'est peut être pas vrai dans toutes les régions). C'est, bien entendu, faux:ceux qui lisent les avis de décès le font tous les jours, et ceux qui achètent le journal uniquement le samedi ne les lisent pas. Il n'y a pas de jours plus propices qu'un autre pour les faire paraître.

Il y en a même qui, systématiquement, commencent par lire la rubrique, avant d’entamer le reste du journal. On ne sait jamais, peut être que quelqu'un est mort dans le quartier. Alors que la Grèce, l’Italie, la Chine, c'est loin tout ça.

En tant que professionnel, je ne lis jamais les avis de décès, excepté ceux que j'ai moi même fait paraître, pour vérifier qu'il n'y a pas de fautes. Je me contente de lire la dernière ligne, qui indique généralement Pompes Funèbres Trucmuche, pour voir, parmi mes confrères, qui bosse. 

 

 

L'Ankou mascotte dans l'en tête de l'article est une courtoisie de Rex Buthor.

Les graphismes, illustrations et la déco du blog sont l'oeuvre de Manu Rayot.

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