Félicitations à tous les participants à la clôture du
jour.
3H40 ___George Cross partit travailler ce jour la comme tous les
autres jours. Il avait la chance d'avoir un emploi stable, un logement et au moins un repas correct par jour, pour lui et sa famille. Comme tous les matins, il passa par Buck's Row. Il était 3 H
40 du matin. La venelle était éclairée, comme d'habitude , par son unique lampadaire à gaz. Cross aperçut, dans un coin, ce qu'il prit tout d'abord pour un sac. S'approchant, il constata qu'il
s'agissait d'une femme, et tout ce qu'il pouvait en distinguer, c'était sa jupe relevée sur elle. Il faisait très froid. Cross se dit qu'elle était probablement saoule. Comme un autre homme passait par la, cross lui demanda de l'aider à relever la femme. Ils n'y parvinrent pas, mais sentirent une humidité poisseuse, probablement du
sang. craignant que la femme ait été agressée et qu'elle ne fut morte, Cross alla quérir un policier. Il trouva le constable John Neil, qui faisait sa ronde. Ce dernier se rendit sur les
lieux avec Cross. Éclairant le corps de sa lanterne, il constata que la femme avait été égorgée, sauvagement, presque décapitée. Ses mains étaient froides, mais ses avants bras encore chauds :
elle était morte peu de temps auparavant. S'aidant de son sifflet, Neil appela un autre policier, qui s'en alla quérir un médecin, pour faire les premières constatations.
4H30, environ. ___Le constable Neil commença à faire le tour du quartier, réveillant les habitants, pour leur demander si ils n'avaient pas vu
ou entendu quelque chose. Il ne se trouva aucun témoin pour apporter quelque élément que ce fut. Le docteur Rees Llewellyn arriva peu après sur les lieux. ___Il constata que la victime était morte peu de temps auparavant, une demi heure avant sa découverte tout au plus. Le sang
avait imbibé les nombreuses couches de vêtements de la femme, en laissant très peu sur le sol. ___le docteur ordonna le transport du corps à la morgue de Old Montague street, afin de procéder aux examens médicaux légaux.
Il passa par chez lui, afin de prendre quelques dispositions, et se transporta ensuite jusqu'à la morgue.
7H00 ___A son arrivée, le docteur Llewellyn constata que le corps avait été lavé, malgré ses consignes. De mauvaise humeur, il
entama l'autopsie. ___La femme avait été frappée au cou, deux fois, coups qui lui avaient tranchés la trachée et l'oesophage. Son abdomen avait
été mutilé, probablement avec un grand couteau, et son appareil génital portait également des traces de blessures, moins profondes. ___La criminalistique moderne nous enseigne que la victime était sans doute allongée inconsciente au sol lorsque les blessures
lui furent infligées, d'après les traces de sang, qui auraient sinon été retrouvées sur les murs de la ruelle, le fluide ayant au contraire coulé, imprégnant les vêtements, comme nous l'avons
déjà vu. ___Elle portait des vêtements bon marché, des jupons qui portaient l'étiquette "Whitechapel Working Lad’s Institute", un asiles
de pauvres et de jeunes travailleurs. Elle semblait ne posséder qu'un peigne, un petit miroir cassé et un mouchoir.
8H30 ___La Police entama l'enquête à la "Whitechapel Working Lad’s Institute". La description de la femme, âgée d'environ 45 ans,
les cheveux bruns grisonnants, à qui il manquait plusieurs dents, et de ses vêtement, les mit sur la piste de Mary Ann Nichols, dite "Polly". "Polly" était la fille d’un serrurier et avait épousé William Nichols, avec qui elle avait eu cinq enfants. Mais ses problèmes avec l’alcool avaient détruit son
ménage et, depuis des mois, elle survivait en se prostituant. C’était une femme triste et pauvre, mais les gens l’aimaient et la prenaient en pitié. Elle avait voulu dormir dans un asile de nuit
situé sur Thrawl Street mais comme elle ne pouvait pas payer son lit, le gardien l’avait chassé. Elle était retournée dans la rue pour gagner quelque argent.
11H00 ___Scotland Yard confia la responsabilité de l’enquête à l’Inspecteur principal Donald Swanson. Il dépêcha sur les lieux un
inspecteur de 45 ans, Frederick George Abberline, qui travaillait depuis 25 ans dans la police et connaissait très bien Whitechapel. Il partait de rien : ni témoins, ni arme, ni le moindre indice.
15H00 ___Dans les éditions de l'après midi, les journaux s'emparèrent de l'affaire. La rumeur avait couru comme une traînée de
poudre. Les meurtres de prostituées n'étaient pas rares, mais celui-ci avait quelque chose de spécial...