"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen

élicitations à tous les participants à la
clôture du jour.
Voici ici rassemblés les deux premiers manifestes du mécanoisme. Faute d'adhésion populaire massive donnant lieu à de gigantesques scènes de lynchages de bobos, j'ai abandonné le mouvement, mais ne manquerai pas de le ressusciter si nous sommes suffisamment nombreux.
Voici donc ce que je pense de l'usage intempestif des mots ''construire'', comme dans « se construire » et ''gourmandise'', comme dans « gourmandise de connerie ».
Et si d'aventure vous vous reconnaissiez la-dedans, vous serez priés de vous faire soigner avant de revenir ici.
Pour votre bien autant que pour le miens. Je n'aimerai pas à avoir faire un devis pour un lecteur, ça m'obligerait à fire un prix, et je
déteste rogner ma marge.
Partie 1 : Se construire pour les nuls
Je ne suis pas quelqu'un de violent, ni qui approuve la violence d'une manière générale, en dehors des films de Tarantino, et je suis
totalement opposé, par principe et éducation, aux violences faites aux femmes. Il me semble important de le préciser, puisque la suite de l'article constitue une longue liste de personnes dont
j'ai envie de tarter la gueule, y compris des représentantes du beau sexe, quoique, dans leur cas, la chirurgie esthétique y fut pour beaucoup.
Voyez-vous, il est fréquent de tomber sur des acteurs ou trices, écrivains ou vaines, artistes fréquentant généralement les émissions
animées par Michel Drucker, qui est à la télévision française ce que le lisier est aux nappes phréatiques en Bretagne, qui utilisent jusqu'à plus soif un vocabulaire inadapté, d'aucun diront
"détourné de manière créative", dont les expressions, si tant est qu'elles fussent originales une fois, sont tellement galvaudées qu'elles suscitent chez l'auditeur (je parle de moi, la), une
envie irrépressible de gerber.
Parmi celle-la, l'ensemble de ceux qui se sont construits.
Une définition, trouvée sur Wikipédia, m'indique que "dans un projet de bâtiment ou de travaux publics, la construction est le fait
d'assembler différents éléments de l'édifice en utilisant les matériaux et les techniques appropriées". Tout le monde est bien d'accord la dessus ? Bien.
Il est par conséquents impossible de se construire soi même. Est il nécessaire que je vous l'explique, d'un point de vue physiologique, dans
l'acception au sens propre du terme ? Parfait.
Au sens métaphorique, l'utilisateur de ce vocable vous expliquera qu'il s'est forgé sa personnalité ainsi, cet ainsi étant, généralement, la
longue litanie des épreuves qu'il a traversées. Or, on ne se bâtit pas une personnalité, et il n'est pas question ici d'acquis ou d'inné, elle se forge, se structure, se modèle, bref, se
dessine elle même, et elle, elle a le droit, puisqu'elle est abstraite, en fonction de l'apport de divers éléments qu'on ne maîtrise généralement pas, ou alors, l'on pourrait dire, dans le cas
de ceux qui se sont "construits", si ils avaient le choix, ce sont de grands masochistes, de s'apporter ces éléments-la, et c'est elle, la personnalité, quoi, vous avez un problème avec les
grandes phrases ? C'est cette personnalité forgée au mode passif par rapport à son sujet, qui permettra à ce même sujet de se forger, au mode actif, un destin.
Donc, l'on ne maîtrise pas l'apport en matériaux. Ce qui constitue une personnalité est, selon sa conception personnelle, soit de l'inné,
transmetteur du patrimoine en question, soit de l'acquis, ce qui signifie que, chaque minute, chaque seconde, les événements qui surviennent dans sa vie sont indissociables de ses propres
choix. En d'autres termes, prenons l'exemple du film "The Doors" de Oliver Stone, quand on voit le petit Jim croiser un indien mort, sur le bord d'une route, qui crée en lui ce côté libre et
mystique, cela reviendrait à accuser Morrisson de l'avoir tué lui même, afin de se forger le caractère en le croisant plus tard, élément, d'après les sources biographiques du chanteur, qui
l'aurait grandement influencé.
Venons en, si vous le voulez bien, aux dites "techniques appropriées". Bien entendu, quand je dis "si vous le voulez bien", c'est une façon
de parler, parce que votre avis, je m'en fiche un peu.
Les technique appropriées appartiennent au domaine du psychisme. C'est ce que vous diront les psychanalystes freudiens ou lacaniens, les
psychologues, les psychiatres, enfin, en un mot, tous les spécialistes de l'âme humaine, dont la principale activité consiste à s'étriller sur les différents théories qu'ils professent, sans se
départir du masque de la courtoisie professionnelle.
Ainsi, un collège d'experts, constitué des membres les plus éminents de toutes ces corporations, passera le plus clair de son temps à se
foutre allègrement sur la gueule, en guise de construction de la personnalité, et, puisque les psychiatres sont les plus diplômés, ils finiront par mettre un terme à cette mascarade et
prescrire du prozac à l'apprenti chantier de construction.
Bref, en un mot, un seul, il suffira par sa seule éloquence : MERDE ! Et j'ajouterai, tout de même : j'en ai marre de tous ces cons qui
utilisent à mauvais escient un vocabulaire inadéquat d'une façon tellement répétitive qu'on la croirait sortie de la boucle d'un sample.
Voilà pourquoi je songe à constituer l'amicale des MECANOgraphes, ceux qui n'aiment pas ceux qui se "construisent". Ni ceux qui sont
gourmands de mots. Ni ceux qui parlent de tendresse, d'amour, de tolérance à un niveau qu'on pourrait qualifier de vomitif. Ni ceux qui parlent de collectif, parce que les associations loi
1901, c'est démodé. Voilà. Vous en êtes ?
Partie 2 : La gourmandise est vraiment un vilain défaut
Dans un monde idéal, selon moi, voici le genre de scènes auxquelles l'on pourrait assister dans les tribunaux.
"Accusé, levez vous. Vous comparaissez devant ce tribunal pour avoir torturé et tué, d'une manière indicible, une femme. Qu'avez vous à dire pour votre défense ?
_- Votre honneur, c'était une bobo.
_- Nous étudierons les circonstances atténuantes plus tard. Rien d'autre ?
_- Eh bien, si, elle me parlait d'un livre et elle a dit, je cite "gourmandise de mots" !
_- Bon sang ! Mais ça change tout ! C'était de la légitime défense ! Pourquoi n'en avoir rien dit avant ?
_- Ben, je savais pas que c'était interdit...
_- Sachez, citoyen, que nul n'est autorisé à utiliser des expressions telles que "gourmandise de mots" ou "je me suis construit", exemples parmi d'autres, sous peine de mort. La police a ordre de tirer à vue sur ce genre d'individus. Allez, hop ! Non lieu. La criminelle avait de la famille, greffier ?
_- Oui, votre honneur, ils sont dans la salle.
_- Bien. Je les condamne à la déportation aux île Kerguelen. La séance est levée."
Ce serait, selon moi, le paradis. Un endroit ou Juliette Binoche serait l'ennemi public numéro 1, ou celles et ceux qui achèteraient ses films sous le manteau seraient passibles de bagne aux Kerguelen (un endroit très inhospitalier). Ou Bernard-Henry Levy serait condamné à mort par contumace, et ou les masques qui marcheraient le mieux pour Halloween seraient ceux à l'effigie de Marguerite Duras.
Un monde ou les rues porteraient le nom de "Avenue Guillaume Seznec", "Place Alan Stivell", et autres personnages historiques ayant eu une vraie importance.
Mais je digresse.
Gourmandise, considérant l'effet que produit sa prononciation, semble être un mot conçu uniquement pour tancer les petites filles prises à faucher un pot de confiture. "La gourmandise est un vilain défaut", par exemple. Nullement pour servir de métaphore littéraire à deux balles. La gourmandise de mots infantilise la littérature. Mais il faut lui reconnaître une certaine utilité : lorsque ce mot est prononcé, l'écrivaine (gourmandise est un mot utilisé généralement par les écrivains femmes, cet article n'est pas misogyne, il est observateur), l'on a systématiquement à faire à un ouvrage rédigé par une ancienne jeune fille qui se croyait belle, et veut, lorsque surviennent ses vieux jours, se veut sage, quoique espiègle. Ainsi, elle reste jeune dans sa tête. Du moins, c'est ce qu'elle voudrait faire croire. En fait, elle se positionne à son insu dans le créneau "vieille bourgeoise infantilisante".
Tiens, d'ailleurs, il faudrait peut être l'interdire d'antenne : toute cette gourmandise, ce n'est pas de l'incitation à l'obésité ? A une époque ou nos enfants sont de plus en plus mal nourris, qu'on leur fait croire d'un côté que Mac Donalds propose des repas équilibrés, tandis qu'on leur supprime de l'autre le porc à la cantine, alors qu'il n'y a rien de mieux qu'un filet mignon avec des haricots verts, toute cette gourmandise ne porterait pas préjudice ?
Surtout que la manière de dire "gourmandise" est particulièrement insupportable.
Gour-man-di-se, articulé par une bouche qui prend la forme d'un orifice anal de gallinacé, peinturluré de rouge à lèvres criard, les fossettes (uniquement dues au bistouri d'un chirurgien très cher) creusées par un sourire espiègle... Argh ! Rien que le mot en lui même est insupportable, déjà, alors prononcé par une bourgeoise bêtifiante qui se croit écrivain alors que, si son mari ne l'entretenait pas, ses droits d'auteurs ne parviendraient même pas au niveau d'un RMI, il doit tomber sous la coupe du traité de Genève. Celui qui interdit la torture.
Tiens, toi qui es gourmande, tu vas en manger, des tartes !
_"Des tartes ? J'adore les tartes, je suis gourmande de tartes, des tartes au quoi ?"
Des tartes aux phalanges, connasse !
J'en ai entendu une, à la radio, l'autre jour, qui se reconstruisait avec une gourmandise de mots. J'ai vomi.