"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
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Félicitations à tous les participants à la clôture du jour.
Bon, comme convenu, une petite histoire sur mon service militaire. Pour ceux qui débarqueraient, je proposai aujourd’hui de poster chacun une histoire sur son armée, et de faire une chaîne, en postant les liens des différents articles en commentaires les uns chez les autres.Bon, j’ai hésité entre cette historiette, amusante, que je vous narre présentement, et une autre, un mauvais souvenir, ou pour le coup j’ai été à deux doigts de tirer sur quelqu’un. Exprès, je précise. J’ai opté pour la rigolote. L’autre, qui sait, un jour ?
J’avais échoué dans l’infanterie. 41ème régiment d’infanterie, régiment semi disciplinaire de l’armée de terre, parce que j’avais été assez con pour refuser un piston dans la marine. J’aurai pu faire le tour du monde sur la Jeanne d’Arc, au programme : l’Inde, la Corée, ce genre de bleds, vous voyez, au lieu de quoi, je me retrouvai à ramper dans la boue de la campagne Bretonne.
J’étais le Grenadier Bailly, grenadier à l’instruction, 3éme section, Compagnie de Défense et d’Instruction, à vos ordres mon colonel !
Vous savez (je parle aux petits jeunes et aux dames) ce que c’est, les classes ? Les classes, ce sont cinq semaines ou des militaires expérimentés ont pour but de transformer des petits jeunes à peine sortis de l’école et quittant tout juste le giron de papa-maman en machines à tuer.
Et, au niveau de l’encadrement, on était servis.
Le capitaine de compagnie était un ancien légionnaire qui avait rejoint l’armée régulière, et c’est un peu grâce à lui que je connais, encore aujourd’hui, les paroles, toutes les paroles, de ‘’La Madelon’’ par cœur.
L’aspirant qui dirigeait la section était désireux de faire carrière, et pour cela, il fallait qu’on devienne les meilleurs des dix sections à l’instruction du régiment. Pour adjoints, il avait deux sergents-chefs, tous deux passés par les parachutistes, un sergent stagiaire de Saint Maixant, bien zélé, et quelques appelés gardés, qui étaient plutôt de nôtre côté.
Bon, l’aspirant, bien qu’il nous en ait fait baver, j’en garde un excellent souvenir. Quand un de nous faisait une connerie, toute la section faisait des pompes, et les encadrant aussi. Le lieutenant mouillait son treillis comme ses gars.
Bref. On se levait à l’aube, on allait crapahuter dans les bois, on revenait pour les cours en classe (comment nettoyer un fusil d’assaut, comment reconnaître un ennemi « C’est simple, si vous n’êtes pas sûr que le type en face de vous est un ennemi, faites lui un sourire et un petit signe de la main, et si il vous tire dessus, c’est un ennemi. Nan, je déconne. Si vous n’êtes pas sûrs, tirez lui dessus, on passera en dommage collatéral, le cas échéant »). Au terme de la journée, on allait marcher. Marche d’infiltration ou marche commando, ou simple marche forcée, j’en ai bouffé, des kilomètres.
Enfin, on rentrait, tard le soir. La, il nous restait une dernière chose à accomplir : après avoir restitué nos armes, nous nous plantions, tous ensemble, sous les fenêtres des autres sections, qui eux roupillaient comme des bienheureux depuis des heures, et nous chantions ‘’La Marseillaise’’. Le lieutenant comptait combien de dortoirs s’allumaient et combien de têtes d’appelés brusquement tirés du sommeil se montraient, et quand il y en avait assez, selon lui, on pouvait aller dormir.
Bien entendu, les commandants des autres sections se plaignaient des traitements ainsi infligés à leurs gars, qui n’avaient pas leurs huit heures de sommeil, réclamations qui tombaient à l’eau, le lieutenant ne tenant pas à avantager ses adversaires, et bénéficiant du soutien amusé du capitaine de compagnie.
Un jour, le lieutenant devait s’absenter. On nous avait prévu une journée cool, cours le matin, tir l’après midi, et soirée AD (A Disposition, donc on n’en foutait pas une). Bien évidement, les deux paras nous firent la sale surprise de nous emmener faire une ‘’petite marche’’ dans la forêt. Juste histoire de profiter un peu du calme sylvestre avant de dormir.
De retour, il n’était pas très tard, les chefs décidèrent de nous faire chanter un peu sous les fenêtres d’une section au hasard. Au bout de dix minutes de beuglage intensif, toujours rien. Or, le coup des fenêtres marchait toujours : tout le monde savait qu’on continuerai de brailler tant qu’on n’aurait pas obtenu satisfaction.
Le stagiaire de Saint Maixant s’en fut aux renseignements, et revint hilare. La mauvaise nouvelle, annonça-t-il, c’est que les compagnies avaient toutes des marches de prévu ce soir la. Pour la bonne, il nous enjoint de le suivre, discrètement.
C’est vrai que le bruit nous était parvenus de loin, nous n’avions juste pas relevé, mais il s’amplifiait u fur et à mesure que nous approchions, et nous comprenions ce qui se passait. Le spectacle valait vraiment le coup.
Les compagnies à l’instruction, les trois autres de la CDI, les deux de la CEA (Compagnie d’Eclairage et d’Appui) et les quatre compagnies de combat, alignés tant bien que mal sur la pelouse, hurlaient à plein poumons, le désespoir peint sur leur visage écarlate, ‘’La Marseillaise’’ sous NOS fenêtres, s’étonnant de voir que personne ne se réveillait, sous les encouragements de leurs commandants respectifs.
Nous nous assîmes à distance, pour profiter un peu du spectacle sans se faire trop vite remarquer. Après tout, pourquoi décourager tant de bonnes volontés ?
Le premier à nous apercevoir fut notre propre capitaine de compagnie, venu voir ce qui causait un tel raffut. Le sourire qui élargit alors son visage mit toute la semaine à s’effacer.