"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
élicitations à tous les participants à la clôture du jour.
Il y a des noms pour la plupart des crises. A quarante ans, on fait la crise de la quarantaine, par exemple. A trente ans, on peut faire la crise de la trentaine. A vingt ans, on ne fait pas de crise, parce que, généralement on est trop bourré.
Ce soir, je suis en train de faire la crise des 37 ans. Crise de la trente-septaine ? Ca sonne pas. C'est une crise éphémère : elle a commencé à la fin de « Faites entrer l'accusé » et devrait se finir, si l'on suit sa courbe déjà descendante, à peu près au moment ou je me laverai les dents, juste avant d'aller dormir.
Je me suis déjà violemment rebellé : pendant le générique du journal de la nuit, j'ai été me faire un espresso. Déca, par contre, mon médecin est formel là dessus : « rebellons nous, mais raisonnablement ».
Cette crise est une petite chose toute simple : il s'agit de lister un peu ce qu'on voulait faire, ce qu'on a effectivement fait, et ce qu'on voudrait faire après. Exemple : je voulais boire une bière, j'ai bu une bière, et maintenant, je voudrais un whisky.
Chez moi, c'est relativement simple : je voulais écrire un livre et vivre de l'écriture. Quelque part, j'ai réussi, tout est affaire de précision. Je vis effectivement de l'écriture, mon travail à Mémoire des Vies consistant principalement à écrire des articles, et à cherches de la documentation, ce qui fait partie du travail d'écriture. La dessus, rien à redire, c'est fait, je vis de l'écriture et çà me plaît. C'est pour le bouquin que je me suis un peu loupé. Dans l'absolu, j'ai dit que je voulais écrire un livre, c'est bon, c'est fait. Je devrais être content, j'en ai même commencé un second, de joie. Simplement, j'avais oublié que l'édition n'était pas une formalité qui fait partie du packaging.
Pas très grave, finalement, comme omission. J'ai donc rajouté une chose que j'ai absolument envie de faire : faire éditer mes livres. Oui, au pluriel : on n'est jamais trop prudent, même si je n'écris pas très vite, j'aurai théoriquement le temps d'en finir six autres avant ma mort.
Et après ? Me demandais-je donc, qu'est ce que je voudrais faire si jamais je publiai mes manuscrits, et même, rêvons allègrement, si l'un ou deux d'entre eux venaient à avoir un petit succès ? Ma vie n'aurait plus aucun sens, aucun but, aucun idéal vers lequel tendre pour se lever chaque matin.
Il faut, me disais-je à moi-même en me dispensant des guillemets dans les dialogues, me fixer des objectifs dont je rêve réellement, qui m'obsèdent depuis des années, qui ne peuvent être atteins, même si, de temps à autre, des illuminés font miroiter un espoir.
Il y a un prix à payer, c'est la frustration : on se fixe une chimère.
Il y a un danger, c'est qu'une révolution technologique rende le truc possible. Imaginez que je vive jusqu'à 97 ans, que soudain mon rêve se réalise, et me voilà, vieillard cacochyme, en train de me chercher un nouveau but dans la vie. J'aurai l'air con. Surtout qu'à cette âge, à part manger un steack sans avoir eu à le passer au broyeur avant... C'est dur, de rêver à une bavette non hachée, quand on a fait de grandes choses.
J'ai fini par trouver. C'est énorme, c'est à peu de choses près un rêve, et un petit arrangement dans la formulation le rend irréalisable. Attention, il faut un minimum de culture scientifique (vraiment un tout petit peu) pour saisir la petite subtilité. Au pire, vous avez Wikipédia pour vous aider. A l'origine, j'aurais adoré marcher sur Europe, la lune glacée de Jupiter. Mais, finalement, voici mon rêve, mon Graal, mon but dans l'existence : je voudrais marcher SUR Jupiter.
Étrangement, je pense que la frustration de ne pas l'avoir réalisé sera, sur mon lit de mort, étonnamment facile à supporter.
Les textes sont écrits tant bien que mal par Guillaume Bailly.
Les graphismes, illustrations et la déco du blog sont l'oeuvre de Manu Rayot.
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