"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
élicitations à tous les participants à la clôture du jour.
« Tu sais, petit... »
« Oui, maître ? »
« Ne m'interromps pas quand je t'instruis. Or donc, je te disais, tandis que tu béais de la bouche en admirant ma grandeur, essuie l'écume que j’aperçois au coin de ta lippe, c'est dégueulasse, que les hommes sont méchants. »
« Ah bon, maître ? »
« Ne t'ais-je point dit de ne pas m'interrompre tandis que je t'extirpe de ton ignorance ? »
« Mais vous ne disiez plus rien, maître »
« Parce que je pensais. C'est un exercice auquel tu pourras te livrer, dans les limites qui sont les tiennes, lorsque ma lumière aura dissipé les ténèbres qui te servent d'esprit. »
« ... »
« ... »
« ... »
« Donc, je te disais, les homme sont méchants ».
« ... »
« Tu n'es pas d'accord, disciple ? »
« Si maître »
« Ne m'interromps pas. Vois tu, j'ai bien observé la caste. Ceux qui nous dirigent et ceux qui prétendent le faire. Et je suis formel, tant les uns que les autres sont de méchants hommes. »
« ... »
« Sentirais-je l'opprobre dans ton œil torve et ta moue obstinément mutique ? »
« Non, maître »
« Ce n'était pas une question. Bien entendu, point d'opprobre de ta part à mon encontre, comment en éprouverais-tu, sachant ma grandeur ? Non, bien sûr que non. C'est l'apanage de vous autres, nulle malice ne peut se cacher dans quelque repli de votre esprit si lisse et si simple. Mais ce qui frappe, chez ces hommes, et j’appellerai itou hommes les femmes qui concourent, puisqu'elles prétendent s'élever jusqu'à notre fonction, qu'elles assument notre sexe, ce qui frappe, chez eux... »
« ... »
« Bien. Il y a peut être quelque chose à tirer de ce qui se cache derrière ce regard bovin, finalement. Ce qui frappe parmi les membres de l'élite, ce n'est pas la haine farouche qu'ils portent à leur nation, puisqu'ils prétendent tous la réformer sans jamais accorder ne serait-ce qu'un regard aux recettes de son passé glorieux, ce n'est pas leur manque d'élévation, tout racornis qu'ils sont sur leurs idéologies obtuses, non, sais-tu ce qui frappe chez eux ? »
« Non, maître »
« A qui parles-tu ? Y a-t-il quelqu'un ici qui se serait abaissé à te poser une question ? Vois un docteur de la tête, disciple, il n'y a que nous sur cette sente, tu t'imagines manifestement des choses. Ce qui frappe, chez eux, disais-je avant que tu ne m'interrompes par les borborygmes qui semblent être chez toi ce qui se rapproche le plus du langage articulé, c'est le mépris qu'il sont tous du petit. Ils assènent, professent, et une fois au pouvoir, décident et imposent, sans jamais écouter la voix du petit. »
« ... »
« Voilà, disciple. Je t'ai dispensé ton enseignement. C'est tout ce que je puis t'instruire, sinon tu pourrais accidentellement t'élever trop, et je ne le supporterai pas. Ne méprise jamais les petits comme toi, n'exprime jamais ni courroux ni opprobre, même lorsqu'ils s'essuieront les pieds sur ton visage, bannis toute forme de refus ou de contestation de ta pensée. Les maîtres en ont décidé ainsi, c'est comme ça, et si tu n'es pas content, je te fous en tôle. Va en paix, et n'oublie pas de faire tes dévotions. »
« ... »
« Disciple ! Attends ! Inutile de prendre cette route. Elle mène à ce qui étais ta maison, mais je l'ai vendue. Vois-tu, j'ai vu un homme qui n'avait pas de travail, et était donc dénué de ressources. Je lui ai donné le fruit de la vente de ta bicoque, un maigre pécule, certes, mais qui compense ce privilège immense que tu as d'avoir un emploi. Privilège auquel tu ne devras pas t'habituer. Si un de tes frères d'un pays qui n'a pas la chance d'être aussi riche que le nôtre, et c'est certainement la faute de tes parents, tu n'as pas fini d'expier, petit con, le réclame, nous te l'enlèverons pour le lui donner. Ce n'est que justice. Ne proteste pas : ce serait de la xénophobie, et on te jettera en prison. »
« … ! »
« Non, non, inutile de me remercier. Nous sommes comme ça, nous les humanistes : généreux. »
Malgré cela, la fin du monde n'aura pas lieu le 21 décembre 2012. A mon grand regret.
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Les textes sont écrits tant bien que mal par Guillaume Bailly.
Les graphismes, illustrations et la déco du blog sont l'oeuvre de Manu Rayot.
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