"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
Félicitations à tous les participants à la clôture du
jour.
Il faut que je vous narre l'histoire depuis le début, sinon je vais acquérir auprès de vous une réputation de pervers fortement surfaite.
Or donc, je souhaitai faire un cadeau à ma fiancée. Après moult cogitations, je trouvai plus simple de le lui dire, et lui demander franchement ce qu'elle voulait. Il se trouve qu'elle avait récemment craqué pour un corset qui agrémenterai idéalement un look gothique soft, qu'elle affectionne. Elle s'ouvrit donc à moi de son désir vestimentaire, et j'opinai en branlant vigoureusement du chef.
Ledit corset, comme je ne tardai pas à le découvrir, était uniquement disponible à la vente en ligne sur le site d'un magasin nommé Adam et Eve. Ah, j'en vois qui connaissent. Coquins, va ! Magasin qui vend toutes sortes d'accessoires du plus soft au plus hard, de la bougie parfumée au vibromasseur géant.
Je me rendis donc sur le site, repérai le vêtement en question, passai commande, m'acquittai du prix demandé après avoir indiqué mon adresse pour la livraison.
Le colis arriva deux jours après.
Ledit bustier plut énormément à ma fiancée, et à moi aussi, puisqu'il lui
seyait à ravir, ce qui n'est mais désagréable. Bref. Vous pouvez constater sur la photo ci-contre qu'il lui sied à ravir. Je tiens juste à préciser que si tu constates trop longtemps, je te pète
les genoux à coup de barres de fer. Ceci soit dit sans aucune sorte de possessivité de ma part et en toute amitié.
Bien. J'aime dissiper les malentendus.
Puis la vie s'écoula paisiblement.
Sauf que, à peu près une fois par mois, je recevais, sous pli discret, le catalogue d'Adam et Eve.
Oui, sous pli discret. C'était un terme proposé par le site. Non pas que ça me gêne d'acheter des vêtements à ma copine, mais quand on sait que, soixante pages, ou deux onglets plus loin, se proposent des vibromasseurs moulés sur le vit de John Holmes, on préfère que cela ne se saches point, histoire d'éviter les malentendus avec les voisins. Sauf que chez Adam et Eve, les emballages, certes, sont neutres, mais le logo A&E apparaît distinctement en haut à droite de l'enveloppe. N'importe quel crétin qui sait se servir de Google peut ainsi savoir de quoi il s'agit.
Tous les mois, donc, je recevait un catalogue A&E.
Le courrier, ou j'habitai en Lorraine, en l'absence de boîte aux lettres, était posé en vrac sur une table. Je vous raconterai mon immeuble, un jour. Le premier à le trouver triait ainsi les missives pour tout le monde. Comme je rentrai toujours bon dernier, le soir, je trouvai mon courrier en un petit tas bien aligné reposant, une fois par mois, donc, le catalogue A&E. Les voisins devaient se dire « rhooo, quel cochon, celui la. »
Je me suis amusé à calculer, un jour, qu'Adam et Eve avait dépensé à mon endroit plus d'argent en publicité que je ne leur en avais rapporté, sachant que ma seule et unique commande concernait ce bustier.
Bref. Vous avez déjà feuilleté un catalogue Adam et Eve ? Vous devriez. Surtout la section DVD. On trouve de tout. Vous aimez les octogénaires ? Vous fantasmez sur les nains ? Vous trouverez le DVD qui emplira vos soirées de joie.
Puis je quittai la Lorraine et fit suivre mon courrier.
La vie s'écoula paisiblement.
Tout à l'heure, j'étais dans mon canapé, quand quelqu'un vint sonner à ma porte. C'était mon voisin. Il me tendit deux enveloppes, en m'expliquant que le facteur les avais mises par erreur dans sa boîte aux lettres. Il y avait un courrier administratif sans intérêt, et une grosse enveloppe du club Nespresso, dans le quel une jolie plaquette en couleur me rappelait l'étendue de la gamme de ce fantastique marchand de café. Je le remerciai, et retournai dans mon canapé.
Dix minutes plus tard, l'on toqua à mon huis, et je me retrouvai de nouveau contrarié de devoir quitter mon épisode de Docteur House, pour aller voir.
C'était le fils des voisins. Un gamin très sympa, très bien élevé, âgé d'environ sept ans. Il me dit tout de go « Mon papa avait pas vu que parmi notre courrier il y avait ça pour toi aussi. » en me tendant le catalogue dont je vous bassine depuis le début de cet article, sur lequel le putain de logo A&E était bien mis en évidence, comme d'habitude.
Je crois que le rouge qui empourpra mon front n'avait rien à envier à celui des tomates que j'ai vues chez le maraicher ce matin.
C'est tout.
Ah, si, une dernière chose : si quelqu'un sait comment faire pour ne plus recevoir ce fléau, merci de me le dire. Vite.
Je tenai à dédier le présent article à Angélique, la femme de ma vie, qui a inspiré à elle seule une bonne moitié de ce blog, au bas mot. Sans sa présence stimulante, mon cerveau fonctionnerait sans doute beaucoup moins bien. Si elle pouvait éviter de flasher sur des fringues qui ne se trouvent que dans des échoppes gênantes, mon bonheur serait parfait.