"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.

Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."

article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen

 

F Fumée Noire 2profilok-copie-1élicitations à tous les participants à la clôture du jour.

Quoique présenté sous la forme de semi-fiction, le texte ci-dessous est inspiré d'un cas réel.

Un parmi beaucoup. 

 

Elle avait froid.

Merde, elle avait la poitrine nue ! On avait abusé d'elle ?

Elle ne se rappelait pas.

Elle aurait dû se douter que ce concours de boisson n'était pas innocent. Quels salauds, ces mecs. Des amis ? Ils ne perdaient rien pour attendre. Ils n'avaient pas intérêt de lui avoir refilé une MST.

La vache, quelle cuite.

Plus jamais ça.

L'idée de la Vodka ne lui donna même pas envie de vomir.

Quelque chose clochait.

Bon, elle était où ?

Ce plafond, c'était... Ou ?

Elle avait probablement passé la nuit par terre, et elle n'avait pas mal au dos. Pas de courbatures, rien.

Quelque chose clochait.

Elle était en retard. Le jour s'était levé. Ses parents allaient la tuer ! Déjà qu'elle avait eu du mal à négocier le droit de sortir, vivement ses 18 ans, qu'elle puisse faire ce qui lui chanterait.

Dans deux ans.

Quelque chose clochait : elle n'avait pas bougé. Avait elle essayé ? Elle ne se rappelait plus.

Elle entendait des voix. Des gens bougeaient dans la pièce.

Personne ne s'occupait d'elle.

Les salauds.

Quand même... Quelque chose clochait.

Bon, que s'était ils passé ?

Ils avaient bu, beaucoup de Vodka.

Echaudés, ils avaient fait un concours de boisson.

Elle avait descendu une demi bouteille cul sec. En plus de tout le reste.

Ensuite, elle s'était senti mal. Très mal.

Elle avait dû tomber dans les vapes.

Puis le trou noir.

Quelque chose avait cloché.

Ensuite, elle avait vus ses copains se pencher sur elle, l'ai affolés.

Puis d'autres hommes.

Maintenant qu'elle y pensait, ils portaient des uniformes.

Il y en avait un, avec une blouse blanche, qui l'avait regardée tristement. Il avait sorti de sa sacoche un papier bleu. Il l'avait complété.

La réponse était inscrite sur ce papier. Elle en était sûre.

Puis deux autres hommes s'étaient penchés sur elle. Eux aussi faisaient la gueule.

Elle ne savait pas comment réagissaient les vieux. Enfin, tous ceux qui avaient plus de vingt ans. Les vieux, quoi.

Les rares garçons qui avaient vus ses seins n'avaient pas fait la gueule.

Les deux hommes l'avaient transportée... Ici. Ou que ce soit.

Ils l'avaient mise dans un sac. Un putain de sac !

Quelque chose clochait. Ou étaient ses parents ?

Elle voulait sa maman.

Ah ! Quelqu'un.

Une femme. Petite. Un visage rond. La quarantaine. Blonde au carré.

Elle avait l'air sympa.

Elle aurait eu l'air sympa si elle aussi n'avait pas fait la gueule.

Un type. Un gendarme ! Merde, ses parents allaient la priver de sortir jusqu'à l'âge de la retraite, sur ce coup la.

Attends, elle parle au gendarme. Vas y, ignores-moi. J'ai quelque chose qui cloche ?

Elle dit quoi ?

« Elle a bu combien, vous avez dit ? »

Oui, au fait ? Elle avait dû enterrer absolument tout le monde.

« D'après ses camarades, une dizaine de verres d'alcool sur une période de deux heures, pusi un demi-litre en une minute. Ils jouaient, ces petits cons. ».

Petits cons ? Vieux réac ! Et puis arrête de faire comme si elle n'était pas la !

« D'accord. Généralement, la dose létale est rarement atteinte, sauf en cas d'absorption d'une grande quantité en un temps très court. »

Ben quoi ? C'était marrant. Enfin, sur le coup, ça avait l'air marrant.

Quelque chose clochait. Elle l'avait sur le bout de la langue.

Ah, ça y est : ça veut dire quoi, létal ?

« De toutes façons », reprit la femme, « on va être fixés. ».

Elle prit un petit magnétophone, qu'elle alluma.

Elle dit la date, puis « En présence des gendarmes, moi, docteur S..., médecin expert auprès du barreau, procède à l'autopsie de Morgane Xxxx, afin de déterminer les causes de la mort. Bon, je vais faire une incision en Y... »

Non.

Non.

Non.

Je ne veux pas d'autopsie.

Je veux ma maman.

Je serais sage. Je ne boirai plus, promis. Je ferai le ménage et la vaisselle. Je suis désolée de vous avoir fâchés, papa et toi.

Maman, s'il te plaît.

Maman ?

...



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