
élicitations à tous les participants à la clôture
du jour.
Le présent texte a un an. Il est, hélas, plus que jamais
d'actualité.
Cet été, l'on vous propose d'acheter le disque de Zaz, vous savez, la branleuse insupportable qui beugle "je veux d'lamour d'la joie de la bonne humeur, c'est pas votre argent qui fera mon
bonheur". Mes amis, faisons lui plaisir : ne lui donnons pas notre argent, et soyons joyeux de cette belle économie. Tout le monde est content. C'est formidable.
Qui est l'abruti qui a demandé pourquoi ? Bon, une explication s'impose.
Zaz, déjà. Son pseudo a élé allègrement fauché à Isabelle Truchy de Varennes, plus connue sous le nom de Zazie, chanteuse à souffle (par opposition aux chanteuses à voix), qui elle même, pour
se faire un pseudo, avait dépouillé Queneau, ou plutôt Zazie, son héroine des transports en commun métropolitains.
Zaz adopte une attitude gouailleuse de titi parisienne, élevée dans la rue, gnagnagna. Bon, on va pas essayer de nous refaire éternellement de Piaf, non ? Il n'y a eu qu'une seule Edith Piaf,
et c'est ce caractère unique qui fait qu'elle est aujourd'hui encore écoutée et vénérée par les foules. Dire que Zaz est une héritière de Piaf, c'est un peu comme dire que Marc Levy est le
digne successeur de Victor Hugo, ou que Bernard Henry Levy est le Descartes de notre époque. Ou que Justine Levy est notre Marquise de Sévigné moderne. Notez, ils en vendent à la pelle, des
livres... Je viens de décider que, comme pseudo d'écrivain, je prendrai requiem Levy.
Zaz n'est pas une chanteuse de rue qui a réussi, emmenant sa simplicité et son effronterie dans son sillage. c'est juste une sale gosse, qui a appris à chanter au conservatoire, a chanté en
chorale, en orchestre de variété, dans des groupes rock, des piano-bar, a collaboré avec un groupe de rap, bref, elle a bouffé à tous les râteliers, avant de répondre à l'annonce d'un
producteur, qui voulait conquérir des parts de marché dans le segment porteur du "jazz manouche". Si Django entendait ça. Sa bio précise qu'elle a dormi dans la rue. Formidable. Des milliers de
petits jeunes montés à Paris pour réussir en font autant tous les soirs. certains finiront par mourir de faim. ceci dit, on ne sent pas chez elle la même proximité de la rue que, disons, le
Georges Orwell de "Dans la dèche à Paris et Londres", par exemple.
Bref. Ainsi commença la carrière emplie du succès que l'on connaît de notre petit produit marketing.
C'est une excellent idée que de vendre un produit critiquant la société de consommation. Les mecs qui fourguent les posters du Che Guevara, un criminel de guerre notoire qui n'a rien à envier
aux plus zélées des divisions SS à des petits jeunes aussi crédules qu'ignorants en histoire contemporaine, s'enrichissant au passage de leur argent de poche, savent de quoi je parle.
Ainsi, zaz, gourgandine ambitieuse qu a couru toute sa jeune vie après la gloire et l'argent avant sa rencontre avec un producteur aussi avide qu'elle, vient elle chanter à la télévision, entre
deux pages de publicité, son amour d'une vie simple et détachée des choses matérielles.
Deux pages de publicité parce que la miss (et le producteur) ont signé un contrat assez lucratif avec TF1, chaîne capitaliste par excellence, qui diffuse son clip tous les jours. En totale
contradiction avec ses textes.
Ah, au fait : ses textes ne sont pas écrits par elle, mais par le producteur, bien entendu. Ce sont des compositions calibrées en fonction d'impératifs commerciaux, qui répondent parfaitement
aux attentes d'une cible marketing, à savoir des jeunes inquiets de vivre dans une société ou les inégalités sociales sont légions, une société incapable de leur garantir un emploi qui leur
permettrait de vivre décemment, et qui donc se rebellent contre ladite société, au lieu de travailler intelligemment à son amélioration. Ou comment faire fortune avec les peurs
adolescentes.
De même que son look. Pieds nus, pantalon bouffant, foulard dans les cheveux, piercing, manque plus que le chien, en fait, il y en a dez centaines de comme elle. La cible marketing y voit la
liberté, celle qui a préféré partir plutôt que de subir les contraintes arbitraires ("range ta chambre", "on ne joue pas avec son iPhone à table"). Le problème, c'est que ces petits jeunes
avides de liberté vivent aussi en rupture de la société, gavés de drogue et d'alcool, dans la misère la plus extrême, et ne connaissant que le parasitisme comme moyen de subsister. Autrement
dit : perspectives d'avenir, néant absolu.
Quand à son effronterie et sa gouaille, on ne verra que le manque d'éducation d'une jeune fille imbue d'elle, d'une ambition aussi dévorante autant que sa personnalité semble limitée (rappelons
que c'est une éponge qui se comporte exactement de la façon idéale conçue par un bureau d'études), qui se la racont à la télé parce que des gamins sans repères achètent ses disques, remplissant
ses poches de cet argent qu'elle méprise avec tant d'affectation.
L'on me fera la remarque que des adultes aussi achètent ses disques. Et alors ? Ce que j'ai dis sur l'autorité, les contraintes sociales, et la peur de l'avenir, fonctionne encore très bien, en
le déplaçant juste un peu.
Tout ce que je dis a été vérifié dans l'histoire de la musique. Tenez, il y a quelques années, un petit groupe de hard rock obscur, a été prié par ses producteurs de simplifier sa musique, d'y
mettre un message anti consumériste, de trouver une façon à la fois reconnaissable et simple de s'habiller, et a vendu à la pelle des CDs, posters, places de concerts, vidéos diverses et
variées de Nirvana. Sans doute kurt avait une forme de conscience, ou un sentiment de culpabilité par-rapport à son imposture, ce qui expliquerait sa fin tragique.
Aucun risque avec Zaz qu'elle ne se suicide en pleine gloire. Après, peut être. Quand la versatilité des consommateurs l'aura fait sombrer dans les oubliettes, ne supportant pas d’être
remplacée par une nouvelle mode.
Bon, allez, je vais me réécouter un petit Pink Floyd. "Ummagumma", tiens. Je sais, c'est pas jeune. Mais toute le différence entre de vrais musiciens et des produits est la. M'étonnerai que, dans 31 ans, quelqu'un finisse un article sur son blog par "bon, allez, je vais m'écouter un petit Zaz". Dans deux ou trois mois, déjà, on sera passés à autre chose. Faites moi plaisir : gardez votre argent. Ou donnez le moi. Je n'ai pas de producteur.²










