"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.

Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."

article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen

 

F Fumée Noire 2profilok-copie-1élicitations à tous les participants à la clôture du jour.

J'ai un problème avec l'euthanasie, qui est de ne pas arriver à me faire une opinion tranchée et définitive. Je m'explique : je ne suis pas quelqu'un de particulièrement influençable, assez curieux, et il m'arrive, lorsque je croise un soignant, médecin, infirmier, ou toute personne qui travaille dans le secteur médical, de bavarder si l'occasion s'en présente. Parfois, ladite conversation vient sur l'euthanasie.

Première surprise, les opinions sont à peu près de cinquante-cinquante. Je croyais que tout le monde était pour, j'ai constaté que c'était loin d’être le cas.

Deuxième surprise, les deux camps ont des arguments construits et convaincants.

Je le sais parce qu'ils m'ont profondément ennuyé.

Je ne sais plus dans quel ordre ça s'est passé, mais grosso modo, on peut résumer l'histoire ainsi : me voilà en train de discuter avec un professionnel favorable à l'euthanasie. Il développe son raisonnement, il est construit, argumenté, sans parti-pris, et je me retrouve gambadant, convaincu à cent pour cent que l'euthanasie est un truc formidable, et à me demander ce qu’attend ce couard de législateur avant d'accomplir son office.

Puis se trouve sur mon chemin jusque la droit un farouche opposant à l'euthanasie. Lui aussi développe des arguments, censés, raisonnables, dans une démonstration construite et toute aussi neutre que l'autre.

A noter ici que, bien entendu, je prend en compte les arguments scientifiques et éthiques uniquement. Je veux bien croire que Dieu est opposé à l'euthanasie, simplement, j'aimerai qu'il me le dise en personne.

Et me voilà plein de doutes.

Certes, l'euthanasie, c'est soulager d'une grande souffrance ceux pour qui on ne peut plus rien. Ca, je peux l'entendre.

Mais l'euthanasie, c'est mettre fin au progrès de la médecine, aux moyens nouveaux que l'on découvre pour soulager la douleur et permettre de vivre encore, vie qui est unique et précieuse, en la sacrifiant sur l'autel de la facilité. Et ça aussi, je peux l'entendre.

En sachant que l'essentiel de ce qui est enseigné aujourd'hui en faculté de médecine sur la douleur vient des ''travaux'' de Joseph Mengele, célèbre médecin nazi, sur les juifs qui lui étaient confiés en camp de concentration, cela ouvre une voie intéressante de réflexion sur le serment d'Hippocrate et le nécessaire sacrifice au progrès.

Moi, en tout cas, tout cela me laisse pensif.

Bon, ce n'est pas unique, ce doute irritant. Je n'arrive pas non plus à me décider, par exemple, sur la peine de mort (les partisans des deux camps, lorsqu'ils parviennent à s'exprimer calmement et sans baver, ont des arguments intéressants) et sur Génésis (la discographie dans son ensemble, bien sûr, sinon, je dirai que tout est à jeter à partir du moment ou Peter Gabriel a quitté le groupe).

Et vous ? Tiens, je vous fait cadeau d'un petit sondage et des commentaires pour développer.



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