"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme.
Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement."
article 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen
« Pierre Desproges est mort. Etonnant non ? »
Communiqué officiel
« ... »
Moi
élicitations
à tous les participants à la clôture du jour.
Il y a des journées de merde, comme ça.
Vous avez écouté ou regardé une des milliers d'émissions aujourd'hui qui prétendent révéler de nouveaux talents en humour ? C'est affligeant.
Notez, ils sont, tous ces jeunes godelureaux, à l'image des superstars du genre. Regardez qui sont les poids lourds de l'humour aujourd'hui ? Dany Boon ? Un Fernandel ch'ti, l'élégance et le charme en moins. Elie ? Ouais. Un sous-Bourvil sans le côté authentique. Dubosc ? Il fait vaguement penser à Le Luron, de loin, quand je suis très saoul. Un Le Luron juste après sa mort, bien sûr. Bigard ? Putain de bordel à couilles, comment pouvez vous oser ne serait-ce qu'envisager la possibilité de prononcer son nome en ma présence, moi qui appartient à une génération qui a connu Coluche ?
A l'époque, il y avait Bedos. Ah, Bedos ! Quel homme, quel charisme, quel talent. Bedos disait des choses qui allaient à l'opposé de mes opinions, Bedos rentrait dans le lard de la politique, mais Bedos le faisait avec une maestria, une classe, une érudition, une intelligence et une subtilité qui dénotaient une personnalité hors du commun. Bedos a désigné son remplaçant, Stéphane Guillon. Guillon lui aussi donne dans l'humour politique. C'est le même que Bedos. Sans la maestria, ni la classe, ni l'érudition, ni l'intelligence, ni la subtilité. Tout ce que montre Guillon, c'est une haine monomaniaque, un petit bonhomme plein de bile, un trop plein d'amertume qui ne laisse pas de place au moindre talent.
Et il y a leur maître, le plus grand humoriste de France, dixit les médias, le boss. Belle revanche pour l'idiot du village. Il y a quelques années, on riait non pas grâce à lui mais de lui. Aujourd'hui, c'est interdit, c'est stigmatisant. Non, aujourd'hui ce petit bonhomme malingre et mal-formé, dont le maigre vocabulaire lui sert à proférer les pires avanies, se pose sur la piste dans son jet privé et va se livrer à un tarif exorbitant à l'adulation de ses sujets, qu'autrefois on aurait appelé public. Puis il s'en retourne dans son grand oiseau de fer ou sa superbe dame se languit et, profitant d'un studio de télévision, en profite pour aller ânonner la bonne parole aux manants. Et tous de s’esbaudir « Jamel est grand, Jamel est grand ».
Jamel est un tout petit bonhomme sans envergure dont le politiquement correct a fait une star. Et tous ces blaireaux frileux qui prétendent nous faire rire le font timidement, gentiment, de peur de se prendre un procès pour les plus indépendants d'esprits, ou par peur de mal propager la pensée unique pour les autres.
Ce qu'il manque à cette époque, c'est un grand homme. Un homme dont la trogne improbable cacherait un esprit fin, une érudition sans faille, une culture immense, une pertinence universelle, un homme capable de faire cohabiter un immense amour des Hommes avec un infini mépris de ce qu'ils font de leur vie. Aujourd'hui, cet homme serait dénoncé, condamné, traîné devant les tribunaux. Aujourd'hui, on ferait taire cette intelligence qui invitait au recul pour laisser la place à la vacuité prémâchée d'un Jamel.
Heureusement, il nous sera épargné de voir tous les bien pensants sonner l'hallali et triompher de sa grandeur par leur mesquinerie plus grande encore. Malheureusement, c'est parce qu'il est mort.
Il y a quelques années, il y avait lui, aujourd'hui, il y a Jamel, Dany Boon, Dubosc, Bigard et les autres. N'est-c e pas la preuve irréfutable que nous sommes en pleine décadence ?
Il y a vingt quatre ans jour pour jour, le 18 avril 1988, en début de soirée, Pierre Desproges est mort. Il n'y a plus personne, maintenant,
il n'y a plus d'espoir.
Journée de merde.

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Les textes sont écrits tant bien que mal par Guillaume Bailly.
Les graphismes, illustrations et la déco du blog sont l'oeuvre de Manu Rayot.
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