élicitations à tous les participants à la clôture du jour.
Dites, on est déjà le 23, il serait temps que je fasse ma lettre au Père Noël.
Cher Père Noël,
Cette année, je voudrais la paix dans le monde, et que plus personne n’ait jamais ni faim ni froid.
Non, je plaisante, bien sûr. La paix dans le monde, et d’une, je crois ça impossible, et de deux, ne résidant pas dans un pays en guerre, autant te dire que j’en ai strictement rien à foutre.
Non, soyons lucides : la Terre, notre planète, hein, est un espace fini disposant de ressources finies.
Nous pouvons gagner, certes, un peu de temps, et d’espace, mais demandons nous à quel prix ?
Certes, il y a toutes ces forêts inutiles, qui nos encombrent, et qu’on pourrait raser dans le but de créer des surfaces agricoles. Nous garderions des bosquets d’arbres, bien entendu, pour la fabrication d’oxygène, mais seulement les plus rentables. Le reste de l’espace disponible, à savoir les terres non fertiles, auraient deux destinations : les ressource minérales y seraient exploitées, puis la friche industrielle serait couverte de centrales de production d’énergie, afin d’assurer nos besoins en matière de production.
Non, pas de loisirs, de production. Il n’y aurait pas assez de ressources pour distraire tout le monde, et après avoir complément détruit notre environnement naturel, plus de sens de l’esthétique induit par l’admiration des paysages. Vu les besoins de travail pour produire suffisamment de matières pour tenir en vie l’humanité, les artistes seraient considérés comme inutiles.
Arrivés à ce stade, nous pourrions aisément tenir à trente, voire quarante, milliards d’individus sur la planète, voire plus. Tous au travail, certains produisant la nourriture, d’autres produisant l’énergie nécessaire à produire la nourriture, d’autres enseignants aux jeunes comment produire soit de l’énergie, soit de la nourriture.
Vous aurez remarqué que je n’ai pas cité de gens pour s’occuper des vieillards. C’est parce que les objectifs ne sont pas atteignables si l’on s’amuse à conserver des consommateurs improductifs. Leur extermination aussitôt qu’ils deviennent inexploitables est alors la seule solution envisageable.
Pas de loisirs, la seule activité tolérable étant de travailler pour survivre, les paysages détruits, la faune et la flore pareillement éliminés si leur utilité dans le cycle alimentaire est négligeable ou nul, l’humanité, alors, ne serait plus en croissance. Le terme adéquat serait plutôt en métastase.
A partir du moment où nous voulons tendre vers une croissance de la population, c’est la seule solution envisageable. Le prix à payer serait juste la notion de ‘’bonheur’’.
Heureusement, la guerre et la famine retardent ce jour-la.
Oui, j’ai bien conscience de tout ce que ma phrase peut comporter de cynisme.
Mais soyons lucides. D’une, tant que les hommes ne seront pas tous formatés pareil, ils auront le désir irrésistible de se foutre sur la gueule.
Tenez, j’aime m’asseoir dans une jolie église, particulièrement l’été, profiter de sa fraîcheur et de l’atmosphère un peu en dehors du temps qui y règne. Ceci dit, je ne prie aucun dieu, parce que je suis intimement persuadé que personne ne nous entend dans un hypothétique au-delà. Ca s’appelle un manque de foi.
Dans certains pays, pas encore chez nous, mais je suis persuadé que ça viendra, et je pense même le voir de mon vivant, je serai appelé infidèle, mon refus de me prosterner cinq fois par jour en direction du tombeau d’un quelconque gourou mort il y a des siècles serait une offense, et je devrai voir la gorge tranchée pour avoir insulté dieu en personne.
Comment voulez-vous faire en sorte que ces types la et moi, on travaille ensemble dans un champ à cultiver des patates ?
Non, la guerre est une chose inévitable tant que tout le monde ne pensera pas pareil. C’est pas demain la veille. Du coup, voilà qui réduit un peu la surpopulation.
Pareil pour la faim. On pourrait anéantir la faim dans le monde, le problème, c’est qu’elle survient dans des zones ou la croissance de population est exponentielle. Résoudre le problème de la faim revient à voir le solde démographique exploser, posant un problème… De faim.
Certes, vous m’opposerez que notre confort est énorme, et que nous pouvons donner un peu pour le bien être humain.
Nous vivons dans le luxe, je n’en disconviens pas. Et il nous resterait assez pour vivre en s’assurant du bonheur de nos sept milliards de congénères, aucun problème. Il nous resterait même de quoi donner généreusement lorsque nous serons neuf milliards. Voire onze.
Je pose la question : à quel seuil de population le sacrifice demandé sera-t-il intolérable, pour nous, par la renonciation à toute forme de bonheur possible, et pour l’écosystème, par la destruction de toutes les espèces et espaces impropre à la survie humaine ?
Mais je sais que vous vous en foutez, Père Noël, de mes questionnements existentiels. C’est vrai que ce n’est pas l’heure.
Bon alors, pour Noël, je crois que j’aurai une mappemonde et un DVD de Desproges, et c’est fabuleux. Peut être que l’année prochaine j’aurai la reproduction en Lego du Tower Bridge qui me fait tant rêver. Si j’ai les moyens. Si nous sommes encore un pays riche. Si il y a des pays pauvres. J’espère que oui, c’est bon pour la planète.
Si tu passes assez tôt, Père Noël, arrête toi casser une petit croûte avec nous, il y aura du foie gras ET du saumon fumé, j’ai jamais su choisir.
Cordialement,
Guillaume
Quand à vous, chers lecteurs, je vous rappelle que tout ceci n’est qu’une forme peut être un peu perverse et de mauvais goût d’humour noir. Je ne le pense qu’à moitié. Mais je le pense quand même à moitié.
En bon identitaire soucieux de nos valeurs et de nos traditions, j’observerai la trêve des confiseurs, un peu de relâche, et je vous retrouve donc toutes et tous le premier janvier, pour les vœux de Croque-morts Magazine.
Joyeux Noël à tous.
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