élicitations à tous les
participants à la clôture du jour.
J'aime les bretzels. Je sais, c'est un peu idiot, mais c'est comme ça. C'est une passion récente, pour tout vous dire, un jour qu'on faisait les courses, avec ma chère et tendre, nous sommes
tombés en arrêt devant le rayon boulangerie du petit supermarché ou nous avons coutume de nous rendre en dépannage. Ce dernier était abondamment garni de petits pains en tout genre, une
abondance de variantes céréalières, à base de fruits secs, de raisin ou de fromage, et des bretzels.
Je me suis fait la réflexion que je n'avais jamais, en vérité, goûté de vrai bretzels, et je décidai un jour de me fendre des quelques dizaines de centimes qu'il coûtait afin de rectifier ça.
J'ai aimé. J'ai beaucoup aimé, même, mais voilà, un souci se pose : impossible de retenir le nom de ce foutu petit pain.
Pour tout vous dire, j'ai un petit carnet, ou je note entre autre mes idées d'articles (je l'égare tout le temps, mais c'est une autre histoire), et j'avais noté dedans « faire un
article sur les trucs vachement salés que j'aime ». Oui, les carnets ou Zola notait ses idées sont étudiés en Hypokhâgne, mais quelques chose me dit que les miens ne connaitrons pas
un destin aussi prestigieux.
Bon, ma compagne sait de quoi je parle, quand je lui rappelle l'anecdote du président américain. Si, vous savez, George W. Bush qui avait failli s'étouffer avec un Bretzel. Ca donne à peu près
ça :
« Je passerai au supermarché en rentrant du boulot, tu n'as besoin de rien ? » me dit elle tendrement.
« Si, un truc, là, tu sais, celui que j'aime bien » je lui répond, frétillant.
« Quel truc ? Tu aimes un tas de trucs » rétorque-t-elle, agacée.
« Mais si, tu sais, le petit pain salé que j'aime, celui avec lequel Bush a failli s'étouffer » m'exclame je, désespéré.
« Ah, un bretzel » achève-t-elle.
Puis elle m'explique qu'elle essaiera d'y penser, mais que, comme elle n'aime pas les bretzels, elle oubliera peut être. Non, elle n'est pas égoïste, elle pense souvent à me prendre des choses
qu'elle n'aime pas mais qu'elle sait que j'adore, pour me faire plaisir, mais les bretzels, c'est pas possible. On a un souci, dans notre foyer, avec le souvenir des bretzels.
Mais, alors qu'une seconde avant, je n'y pensai pas, voilà que la passion du bretzel me saisit, une chose qui ne m'arrive jamais avec les brocolis, que j'abhorre, et ma journée passe lentement,
interminablement, dans l'attente de mon bretzel. Je serais extrêmement déçu qu'elle oublie.
Alors, je calcule à quelle heure elle finit, combien de temps elle met à aller au supermarché, à se garer, descendre de sa voiture, se diriger vers le rayon boulangerie, et quand j'estime
qu'elle est devant, je lui envoie un texto, pour lui rappeler de m'acheter un bretzel.
Sauf que, vous vous souvenez ? Je suis incapable de me rappeler le nom de ce foutu truc.
Voilà pourquoi, régulièrement, ma fiancée, au milieu d'une allée de supermarché tout à fait normal, occupée, comme quelqu'un de tout à fait normal, à acheter les quelques bricoles qui manquent
dans le frigo, ne s'étonne même pas de recevoir des messages ainsi libellés : « Mon amour, tu penses à George Bush ? »
Les textes sont écrits tant bien que mal par Guillaume Bailly.
Les graphismes, illustrations et la déco du blog sont l'oeuvre de Manu Rayot.
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